• Soirée lectures et musique


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  • C'est un lundi de mars. Le second jour du printemps. Une grisaille tempérée inocule au matin sa lumière particulière. Autrement dit, il pleut sur les jonquilles. Je me suis levé tôt dans notre chaos velouté, avec déjà la volonté de ne rien faire de plus. Disons d'en faire le moins possible. Rester à l'écart de la marche du monde. Laisser la télé éteinte. Faire tourner le même disque, Smoking, drinking / never thinking / of tomorrow. Ne pas aller voir plus loin que le bout de son nez. En rester là. Au bout de son nez. Aujourd'hui la parenthèse est possible. Dehors les gouttes font comme une deuxième salve de bourgeons aux branches nues des arbres. La terre brille. Quelque chose dit : D'accord, réessayons. Quelque chose dit : Tu n'as pas besoin de te souvenir. Pas aujourd'hui. Tu n'es pas obligé de repenser à ton enfance. Aux poils longs du tapis rouge du salon. Tu n'as pas à mesurer ce que tu as perdu. A te demander ce qui a cloché ni quand ça a cloché. À repenser aux absents. Le monde d'où tu viens n'a pas disparu. Regarde, tu te souviens encore des mains de ta grand-mère. De la terre labourée. Des chansons dans la voiture. De Winnie l'ourson. Regarde, tu as encore des rêves. Même tordu, tu as grandi dans leur ombre. Ils sont encore entiers. Debout. Tu récites des poèmes. Tu n'as pas fait de mal. Du moins pas tant que ça. Jean Rochefort n'est pas encore mort. Ne regarde pas devant. Ne regarde pas derrière. Reste là.

    Thomas Vinau (écrit bien avant la mort de Jean Rochefort!)


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  • Passerelles de mémoires


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  • Chemin de lumière vers

    le cercle de lueurs vacillantes.

    Chaleur et terrasses sous le ciel étoilé,

    partage et amitié au son du oud,

    mur qui s'écroule.

     

    Cicatrices dans la terre qui se referment,

    oliviers et vignes en terrasses au soleil,

    thé à la menthe et discussions sans fin,

    la pleine lune orange se lève

    sur la muraille de Jérusalem.

     

    Ma tête et mes espoirs sont là-bas,

    bercés par cette musique qui me transporte.

     

    Enfin le quotidien devient apaisé,

    sans entrave, sans contraintes,

    sans crainte.

     

    Fini les barrières et le barbelé,

    fini les miradors et les contrôles.

     

    Enfin tu respires, tu circules,

    Enfin tu vaques, tu rêves,

    Enfin tu souffles,

    Enfin tu es LIBRE .

    C. P. (écrit lors de la dernière nuit de l'écriture)


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  • Dans le harem, l’attente…

    jours et nuits se ressemblent

    L’ennui, la crainte, le désir

    Flamme oscillante

    Femme tremblante

    Encens, musc, parfums enivrants, corps envoûtants

    Dans le harem, je t’attends…

     

    H. P. (écrit lors de la dernière nuit de l'écriture)


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  • J’aime la nuit avec passion.

    C’est beau, c’est doux, c’est langoureux. Une nuit d’été, douce comme la toison d’un mouton. Petit cocon silencieux.

    Silencieux ? Pas tant que ça si l’on écoute bien…

    Un hérisson qui passe, une chouette qui hulule sous la lune décroissante.

    Le rai de lumière inonde celui qui a habitué ses yeux. Les détails se révèlent et deviennent un monde nouveau, inconnu et connu à la fois.

    Une ombre s’approche, inquiétante, puis, finalement familière…

    Un bruissement de feuille s’invite, c’est le fantôme des arbres

    L’oreille est attentive. Plus qu’à l’accoutumée. Aux aguets. Réceptive au-delà de ses capacités diurnes.

    Les sens se déploient, se réveillent.

    Ils sont nocturnes.

    La nuit les hypnotise et le jour les endort.

    On croit les maîtriser mais leur réveil est intense et nous dépasse.

    Et nous, nous dormons.

    Il s’en passe des choses, la nuit…

    L’imaginaire approvisionne le chariot des sens. Les alimente, pour qu’ils deviennent actifs.

    On croit aux fantômes la nuit mais les fantômes sont en fait nos sens qui s’échappent pour aller casser la gueule aux dangers potentiels qui voudraient s’approcher de notre corps endormi.

    Sentinelles actives, combattantes, déployées, aux aguets.

    Et nous, Pauvres Dormeurs… Dans quelle quiétude naïve sommes-nous ?

    Il ne se passe rien la nuit dites-vous ?

    La fraîcheur se dépose. On frissonne. Et les sens nous recouvrent de leur enveloppe protectrice. Nos poils se soulèvent, au garde à vous contre les sorcières de la nuit.

    Car pour nos sens, le jour est fatigant et ennuyeux.

     

    C. M. (écrit lors de la dernière nuit de l'écriture)


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  • Vous pouvez mettre en plein écran en cliquant sur le carré à droite. 

     

     

     


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  • Nuit de l'écriture

    Co-animation Lise et Gabriel

    Dans les salles et les jardins de la maison de la vie rurale

    nous aurons toute une nuit blanche pour noircir des pages

    avec des mots de toutes les couleurs.

    S'inscrire avant le 20 juin (cf "contact" colonne de gauche)

    * * *


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  •  

    Depuis le mois de Janvier, ils sont venus nous rejoindre

    le mardi à la bibliothèque. 

    Ils sont passés parmi les livres 

    puis, se sont assis autour de la grande table

    ou dans les fauteuils d'un coin "salon" 

    et les mots se sont mis à danser. 

    Ensemble on a écouté des histoires, on s'est offert des couleurs,

    on a deviné, questionné, commenté, dessiné... 

    On a cueilli des mots "fleurs", on a fait mûrir des mots rouges,

    on a semé des mots bleus, récolté des mots verts. 

    Dans une boîte à secrets on a touché

    des mots doux, des mots pointus, des mots ronds. 

    On a plané au-dessus d'une forêt. 

    On a découvert un grand arbre au milieu des maisons

    et une cabane dans les branches 

    Dans la cabane on a installé des mots objets. 

    On a accroché la première lettre de nos prénoms dans le grand arbre.

    Puis des noms d'oiseaux sont venus s'y poser. 

    On a entendu des musiques et trouvé des mots qui chantent. 

    On a dessiné des mots mystères, des mots silence, des mots qui disaient oui,

    des mots qui disaient non 

    On a secoué nos ailes pour que les mots s'envolent 

    On a frôlé nos rêves 

    On a parlé 

    On a partagé 

    On a ÉCRIT

     

    Lise et Gabriel

    à l'occasion des séances d'atelier d'écriture

    avec les 6 jeunes du Service d'Accueil de Jour des Herbiers


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  •  

    Il est léger comme quelques plumes et se déplace sans un bruit, mais ses arpèges matinales me surprennent chaque jour, parfois même, son cri strident déchire la nuit. Celui-ci ne me plait pas car on lui attribue du malheur à venir.

    C'est celui du matin que je préfère, immuable au fil des saisons et des années, imperturbable dans ses habitudes. Surtout ne pas couper la branche de l'arbre (même s'il est mort), où pourrait-il se poser ?

    De la gaieté dans la voix, des prouesses dans les variations, une certaine moquerie dans le ton des vocalises "ohé, êtres humains, encore un jour pour vous, il suffit de chanter, prenez modèle, je suis là pour l'éternité !"

    Et celui du soir tombant, l’œdicnème il s'appelle. Il attend que le calme soit installé pour lancer son appel près du lit de la rivière, et que les peupliers m'en trans mettent l'écho.

    Demain sera pareil et pourtant si différent.

    S. C.

    Texte écrit lors de l'atelier "Empreintes", à partir des peintures de Edith Gagnebien 

    Il est léger

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