• Un poème de Paul MahieuPaul Mahieu, poète belge (1925 - 2005), grand amoureux des mots, qu’ils soient français, wallons, picards ou chtimis, ou même inventés de toutes pièces, il a mis tout son cœur dans sa propre écriture, mais aussi dans le « coup de pouce » à l’inspiration et à la confiance de tous ceux qui avaient envie de se lancer dans l’écriture.

     

    Tu prends le mot « sein »

    attention c'est un mot sensible, à manier avec infiniment de précautions, de la douceur s'il te plaît, de l'aménité, j'oserai dire du respect

    c'est un mot de main, de paume, de doigt, de bout d'ongle

    c'est un mot de regard, de voile, de halo

    ou de flambance, d'étincelle

    ou de prière, de poème

    c'est un mot de bouche, de lèvre, de bout de dent,

    de bout de langue

    et d'un rien de salive

    c'est un mot de framboise et de pêche

    d'aubépine et de serpolet

    c'est un mot d'écoute-cœur

    tu le prends, tu l'environnes, tu l'envoisines, tu l'encotonnes, de partout mais, je te le dis encore il a besoin d'amour, tu sais

     

    Paul Mahieu


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  • Un poème d'Emily Dickinson

     

    Emily Elizabeth Dickinson (1830 - 1886), est une poétesse américaine. L’essentiel de sa production poétique a été publié après sa mort. Elle a été  surnommée la « Reine recluse » car à l’âge de 30 ans elle cessa de sortir de chez elle. Même les obsèques de son père ne la firent pas quitter sa chambre.  Emily Dickinson a inspiré et continue d’inspirer des artistes d’horizons différents  (Sylvia Plath, Simon & Garfunkel, la chorégraphe Martha Graham, Christian Bobin, Jerome Charyn …) 

     

     

    Partie tôt - Pris mon chien -
    Et rendu visite à la Mer -
    Les Sirènes logées en Bas 
    Sont sorties pour me regarder -

    Et les Gallions - au Premier Étage
    M'ont tendu des Mains de Chanvre -
    Me prenant pour une Souris - 
    Échouée - sur les Sables -

    Dérangée par Personne - avant que le Flot
    N'ait trempé ma simple Chaussure -
    Et puis mon Tablier - et puis ma Ceinture
    Et puis mon Corsage - aussi -

    Emily Dickinson, poème extrait du recueil Le Paradis est au choix

     


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  • Un défi littéraire : « Tranches poétiques » …

    une occasion de remuer et de dépoussiérer les livres de votre bibliothèque !

    Tranches poétiques

     

    Si cela vous fait envie, envoyez vos productions à : atelieralise@laposte.net

    et nous les publierons sur ce site.

     


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  • Résister

     

     

     

     

     

     

    Persister

    Persévérer

    Ne rien lâcher

    Garder le cap

    Ne pas ramollir

    Tenir le coup

    Rester droit dans ses bottes

    Ne pas abandonner

    Bouclier

    Protection

    Barrière

    Barricades

    Défense

    Se défendre

    Prouver qu'on existe

    Ensemble

    Collectif

    S'extraire (pour ne pas se faire enfumer)

    Lire

    Apprendre

    Rencontrer

    Échanger

    Partir quand ça sent le roussi

    Rester quand ça sent le roussi

    S'écorcher

    Se faire mal

    S'accrocher

    Courage

    Oser dire

    Ne pas se laisser marcher sur les pieds

    Donner un coup de pied dans la fourmilière

    Tenir le bon bout

    Ne pas céder

    Penser à autre chose

    Faire la guerre

    Râler

    Dire non

    Dire stop

    Renforcer son système immunitaire

    Désobéir

    Contre carrer

    Ne pas plier

    Comme un roseau dans le vent

    C'est pas demain la veille

     

    Louise M. (mars 2020)

     


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  • Un poème de René Char

     

     

    René Char (1907 - 1988) est un poète et résistant français. Parmi ses écrits on peut citer, entre autres : Feuillets d'Hypnos, Fureur et Mystère, La Parole en archipel… ainsi que ses correspondances en particulier avec Albert Camus et Nicolas de Staël.

     

     

     

    L'été chantait sur son roc préféré quand tu m'es apparue, l'été chantait à l'écart de nous qui étions silence, sympathie, liberté triste, mer plus encore que la mer dont la longue pelle bleue s'amusait à nos pieds.

    L'été chantait et ton cœur nageait loin de lui.

    Je baisais ton courage, entendais ton désarroi.

    Route par l'absolu des vagues vers ces hauts pics d'écume où croisent des vertus meurtrières pour les mains qui portent nos maisons.

    Nous n'étions pas crédules.

    Nous étions entourés.

     

    René Char, extrait du poème "Fastes"


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  • Narcisse, né Jean-Damien Humair dans le canton du Jura en 1967, est un musicien et slameur suisse. Il a longtemps créé de la musique dans l’ombre : musique de film, bandes-son de spectacles, albums pour divers artistes. En 2006, il découvre la poésie slam et c’est pour lui une révélation.


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  • Un poème de Rainer Maria Rilke

     

     

    Rainer Maria Rilke est un écrivain autrichien (1875 - 1926). Il est mort au terme d'une vie de voyages entrecoupés de longs séjours à Paris. Poète lyrique voire mystique ayant beaucoup versifié en français à la fin de sa vie, il a également écrit un roman, ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre.

     

     

     

     

    Ciel nocturne et chute d'étoile

     

    Le ciel, grand, plein de retenue splendide, 

    une provision d'espace, un excès de monde. 

    Et nous, trop loin pour nous laisser façonner, 

    trop près pour nous en détourner.

     

     

    Là-bas une étoile tombe ! Et notre désir à la voir, 

    d'un regard bouleversé, rivé à elle et pressant : 

    Quelles choses ont commencé et lesquelles disparu ? 

    Quelles choses sont coupables ? Et lesquelles pardonnées ?

     

    Rainer Maria Rilke 


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  • Un poème  de Nazim Hikmet

     

     

    Nâzım Hikmet (1901 - 1963 ) est un poète turc, puis citoyen polonais, longtemps exilé à l'étranger pour avoir été membre du Parti communiste de Turquie. 

     

     

     

    Cela fait cent ans
    que je n'ai pas vu ton visage
    que je n'ai pas passé mon bras
    autour de ta taille
    que je ne vois plus mon visage dans tes yeux
    cela fait cent ans que je ne pose plus de question
    à la lumière de ton esprit
    que je n'ai pas touché à la chaleur de ton ventre

     

    Nazim Hikmet


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  • Lettre de confinement

     

     

     

     

     

     

    Ce matin j’ai fait un tour de vélo dans le jardin, à priori c’est banal sauf qu’il était dégonflé. Je peux te dire… c’était très difficile, surtout quand tu tournes.

    Sinon ce midi je vais déjeuner grand, ça changera du petit déjeuner.

    Voilà, voilà… les fleurs poussent aussi vite que la connerie mais c’est pas grave, on peut guérir même en période de virus.

    Dans la prochaine lettre, je parlerai de choses concrètes... peut-être ?

    Des câlins… de loin.

     

    Hervé R. (20 avril 2020)


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