• Un défi littéraire : « Tranches poétiques » …

    une occasion de remuer et de dépoussiérer les livres de votre bibliothèque !

    Tranches poétiques

     

    Si cela vous fait envie, envoyez vos productions à : atelieralise@laposte.net

    et nous les publierons sur ce site.

     


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  • Résister

     

     

     

     

     

     

    Persister

    Persévérer

    Ne rien lâcher

    Garder le cap

    Ne pas ramollir

    Tenir le coup

    Rester droit dans ses bottes

    Ne pas abandonner

    Bouclier

    Protection

    Barrière

    Barricades

    Défense

    Se défendre

    Prouver qu'on existe

    Ensemble

    Collectif

    S'extraire (pour ne pas se faire enfumer)

    Lire

    Apprendre

    Rencontrer

    Échanger

    Partir quand ça sent le roussi

    Rester quand ça sent le roussi

    S'écorcher

    Se faire mal

    S'accrocher

    Courage

    Oser dire

    Ne pas se laisser marcher sur les pieds

    Donner un coup de pied dans la fourmilière

    Tenir le bon bout

    Ne pas céder

    Penser à autre chose

    Faire la guerre

    Râler

    Dire non

    Dire stop

    Renforcer son système immunitaire

    Désobéir

    Contre carrer

    Ne pas plier

    Comme un roseau dans le vent

    C'est pas demain la veille

     

    Louise M. (mars 2020)

     


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  • Un poème de René Char

     

     

    René Char (1907 - 1988) est un poète et résistant français. Parmi ses écrits on peut citer, entre autres : Feuillets d'Hypnos, Fureur et Mystère, La Parole en archipel… ainsi que ses correspondances en particulier avec Albert Camus et Nicolas de Staël.

     

     

     

    L'été chantait sur son roc préféré quand tu m'es apparue, l'été chantait à l'écart de nous qui étions silence, sympathie, liberté triste, mer plus encore que la mer dont la longue pelle bleue s'amusait à nos pieds.

    L'été chantait et ton cœur nageait loin de lui.

    Je baisais ton courage, entendais ton désarroi.

    Route par l'absolu des vagues vers ces hauts pics d'écume où croisent des vertus meurtrières pour les mains qui portent nos maisons.

    Nous n'étions pas crédules.

    Nous étions entourés.

     

    René Char, extrait du poème "Fastes"


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  • Narcisse, né Jean-Damien Humair dans le canton du Jura en 1967, est un musicien et slameur suisse. Il a longtemps créé de la musique dans l’ombre : musique de film, bandes-son de spectacles, albums pour divers artistes. En 2006, il découvre la poésie slam et c’est pour lui une révélation.


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  • Un poème de Rainer Maria Rilke

     

     

    Rainer Maria Rilke est un écrivain autrichien (1875 - 1926). Il est mort au terme d'une vie de voyages entrecoupés de longs séjours à Paris. Poète lyrique voire mystique ayant beaucoup versifié en français à la fin de sa vie, il a également écrit un roman, ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre.

     

     

     

     

    Ciel nocturne et chute d'étoile

     

    Le ciel, grand, plein de retenue splendide, 

    une provision d'espace, un excès de monde. 

    Et nous, trop loin pour nous laisser façonner, 

    trop près pour nous en détourner.

     

     

    Là-bas une étoile tombe ! Et notre désir à la voir, 

    d'un regard bouleversé, rivé à elle et pressant : 

    Quelles choses ont commencé et lesquelles disparu ? 

    Quelles choses sont coupables ? Et lesquelles pardonnées ?

     

    Rainer Maria Rilke 


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  • Un poème  de Nazim Hikmet

     

     

    Nâzım Hikmet (1901 - 1963 ) est un poète turc, puis citoyen polonais, longtemps exilé à l'étranger pour avoir été membre du Parti communiste de Turquie. 

     

     

     

    Cela fait cent ans
    que je n'ai pas vu ton visage
    que je n'ai pas passé mon bras
    autour de ta taille
    que je ne vois plus mon visage dans tes yeux
    cela fait cent ans que je ne pose plus de question
    à la lumière de ton esprit
    que je n'ai pas touché à la chaleur de ton ventre

     

    Nazim Hikmet


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  • Lettre de confinement

     

     

     

     

     

     

    Ce matin j’ai fait un tour de vélo dans le jardin, à priori c’est banal sauf qu’il était dégonflé. Je peux te dire… c’était très difficile, surtout quand tu tournes.

    Sinon ce midi je vais déjeuner grand, ça changera du petit déjeuner.

    Voilà, voilà… les fleurs poussent aussi vite que la connerie mais c’est pas grave, on peut guérir même en période de virus.

    Dans la prochaine lettre, je parlerai de choses concrètes... peut-être ?

    Des câlins… de loin.

     

    Hervé R. (20 avril 2020)


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  • Un poème de René Arcos

     

    René Arcos (1881 - 1959) est un poète et écrivain français. Il était membre d’un groupe d’artistes appelé « groupe de l’Abbaye » avec, entre autres, Charles Vildrac et George Duhamel. Il est le deuxième à gauche au premier plan sur la photo ci-contre.

     

     

    Tout n’est peut-être pas perdu

    Puisqu’il nous reste au fond de l’être

    Plus de richesses et de gloire

    Qu’aucun vainqueur n’en peut atteindre ;

    Plus de tendresse au fond du cœur

    Que tous les canons ne peuvent de haine

    Et plus d’allégresse pour l’ascension

    Que le plus haut pic n’en pourra lasser

    Peut-être que rien n’est perdu

    Puisqu’il nous reste ce regard

    Qui contemple au-delà du siècle

    L’image d’un autre univers.

    Rien n’est perdu puisqu’il suffit

    Qu’un seul de nous dans la tourmente

    Reste pareil à ce qu’il fut

    Pour sauver tout l’espoir du monde.

     

    René Arcos


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  • "Nous n'appartenons à personne..."

     

     

     

     

    "Nous n'appartenons à personne sinon au point d'or de cette lampe, inconnue de nous, inaccessible à nous, qui tient éveillés le courage et le silence" (1)

    Là où tu te trouves, deux fois enfermée, par la maladie et le confinement, entends-tu ce souffle dans la langue du poète ?

    La fragile lumière de ton regard éclaire-t-elle encore les jeunes femmes qui ouvrent ta porte ?

    Le silence qui t'entoure réveille-t-il des secrets enfouis ?

    Les hirondelles sont de retour. Elles ont retrouvé leurs nids sous le porche. Cette nuit, j'ai rêvé de toi, avant, quand nous admirions ensemble le vol des oiseaux de passage.

    Nous reverrons-nous jamais ? Attends-nous, nous poserons nos mains sur la tienne, nous te ferons des baisers sur le front, nous te sentirons, te toucherons. Il faut attendre la fin de ce virus; ne pars sans que nous t'ayons offert nos rêves et nos larmes.

    En ton absence, à contre-silence, nous cherchons ton visage, la douceur de tes yeux. Et nous ré-enchantons ton souvenir, en ouvrant le tiroir des vieilles photos sépia comme un trésor vieilli par le temps et la tristesse.

    (1)Première phrase empruntée à René Char

    Claudine B. (avril 2020)


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    Boris Vian (1920 -  1959), est un écrivain, poète, parolier, chanteur, critique musical, musicien de jazz (trompettiste) et directeur artistique français. Ingénieur formé à l'École centrale, il s'est aussi adonné aux activités de scénariste, de traducteur (anglais américain), de conférencier, d'acteur et de peintre.

     

     

     

     

    Je veux une vie en forme d'arête

    Sur une assiette bleue

    Je veux une vie en forme de chose

    Au fond d'un machin tout seul

    Je veux une vie en forme de sable dans des mains

    En forme de pain vert ou de cruche

    En forme de savate molle

    En forme de faridondaine

    De ramoneur ou de lilas

    De terre pleine de cailloux

    De coiffeur sauvage et d'édredon fou

    Je veux une vie en forme de toi

    Et je l'ai, mais ça ne me suffit pas encore

    Je ne suis jamais content

     

    Boris Vian, "Je veux une vie en forme d'arête"


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