• Un poème de Jacques RoubaudJacques Roubaud : Né en 1932. Poète, romancier, dramaturge et traducteur. Premier membre coopté dans l’OuLiPo. Son oeuvre comprend des ouvrages de prose, de poésie, des écrits autobiographiques et des essais. Jacques Roubaud a reçu plusieurs prix littéraires pour l'ensemble de son œuvre : le Grand prix national de la poésie et le Grand prix de littérature Paul-Morand de l'Académie française.

     

    quand je pense
    quand je pense
    quand je pense à toi 

    je me demande
    je me demande
    si tu penses à moi 

    et si tu penses
    si tu penses
    si tu penses à moi 

    est-ce que tu te demandes
    est-ce que tu te demandes
    te demandes

    si je pense à toi ? 

     

    Jacques Roubaud


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  • un poème de José-Flore TappyJosé-Flore Tappy vit à Lausanne où elle est née. Elle a publié plusieurs recueils poétiques dont Terre battue (Empreintes, 1995), Lunaires (La Dogana, 2001) et Trás-os-Montes (La Dogana, 2018, prix suisse de littérature 2019), ainsi que des traductions de poètes latino-américains.

     

     

     

     

    Au lever du jour
    une buse avec le soleil
    s’allume 

    très haut 

    soulève ses ailes de velours
    sur un ciel encore chaud 

    tes mains passent
    devant mon visage sombre
    hésitantes et légères
    tes doigts glissent
    sur mon bras
    comme timide filet d’eau 

     

    José-Flore Tappy,


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  • Ouanessa Younsi (Née en 1984) est poète, auteure et médecin psychiatre. Entre deux patients, elle publie poèmes et récits dans diverses revues et ouvrages collectifs, et participe à des lectures et festivals de poésie. 


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  • Un poème de Sylvie Reff 

     

    Sylvie Reff (Née en 1946) est une auteur-compositeur-interprète, chanteuse, écrivain et poète française, s’exprimant dans les trois langues de l'Alsace : alsacien, allemand et français. Auteur d’une quinzaine de livres : poésie, romans, anthologies, nouvelles, Sylvie Reff est traduite en sept langues.

     

     

     

     

    C’est le cœur des mères

    qui porte les pommiers

    et la main du père

    qui ouvre les pommes

    si les mots nous manquent, nous le dirons

    avec l’eau des aubes, le feu des nuits

    avec les cahots bleus du temps

    les grandes trémières de la lumière

    avec la chair enrichie du silence

    si les mots nous manquent, nous le dirons

    avec les poissons roses du plaisir,

    avec ces jours bleus qui allongent

    comme de l’or sous le peigne du désir

    avec le soleil éblouissant du vivre

    qui renoue les gestes simples aux violettes

    nous le dirons avec ce très grand

    soleil royal de fraîcheur

    car tous les arbres le savent :

    il n’y a de jeunesse que la sainteté

     

     

    Sylvie Reff


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  • Un poème de Victor Hugo

    Victor Hugo (1802 - 1885) est un poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français. Il est considéré comme l'un des plus importants écrivains de langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé et occupe une place marquante dans l'histoire des lettres françaises au XIXème siècle, dans des genres et des domaines d’une remarquable variété.

     

     

     

     

    Aimons toujours ! Aimons encore !
    Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit. 
    L'amour, c'est le cri de l'aurore,
    L'amour c'est l'hymne de la nuit. 

    Ce que le flot dit aux rivages,
    Ce que le vent dit aux vieux monts, 
    Ce que l'astre dit aux nuages,
    C'est le mot ineffable : Aimons !

    L'amour fait songer, vivre et croire.
    Il a pour réchauffer le coeur,
    Un rayon de plus que la gloire,
    Et ce rayon c'est le bonheur ! 

    Victor Hugo


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  • Un poème de Louis René des Forêts

     

    Louis René des Forêts (1916 - 2000) est un écrivain français. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages largement commentés par la critique. Des Forêts se lie d'amitié avec Raymond Queneau. Il fonde en 1954 le Comité contre la guerre d'Algérie, avec, entre autres,  Edgar Morin. En 1967, il crée la revue L'Éphémère, avec Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Paul Celan, Jacques Dupin, Michel Leiris et Gaëtan Picon. Il a reçu pour l'ensemble de son œuvre, le grand prix national des Lettres en 1991.

     

     

    D'un oiseau qui se tient caché dans les branches

    On aimerait apprendre le délicieux ramage

    Comme des loups en chœur les appels déchirants

    Au lieu de crier avec une gorge si creuse

    Inapte à produire cette musique native

    Qu'inspirent aux bêtes l'allégresse et la faim. 

    Sans prétendre égaler leurs prouesses vocales

    Non corrompues par le désir d'auditoire

    Qui fait de l'homme une créature si vaine

    Comment chanter sur un registre moins pauvre ? 

     

    Louis-René des Forêts


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  • Un poème d'Al Berto

    Al Berto pseudonyme de Alberto Raposo Pidwell (1948 - 1997) est un poète portugais. Il va en Belgique où il fait des études de peinture pour fuir son pays en proie à la dictature. Après avoir obtenu son diplôme, il abandonne la peinture et se consacre exclusivement à l'écriture. De retour au Portugal après la révolution des œillets, il publie plusieurs recueils. Dans sa poésie, pleine de lyrisme et d'angoisse, il se fait le chantre de la liberté, de la révolte et de l'amitié. En France, l'ensemble de son œuvre est édité par les éditions de l'Escampette.

     

    On a frappé à la porte

    Tu n'as pas ouvert

    Tu convoquais à ce moment la blancheur des dés prêts à être lancés

    Et le corbeau de Monsieur Poe

    Ainsi que la noirceur maléfique des mères de Melville

    Et les pas autour du marcheur éthiopien

    Et les femmes de la Patagonie qui sont assises en fin de journée au bord d'insondables glaciers. 

    Tu suivais avec extase le parcours de celui qui achetait des revues, du tabac, des souvenirs, 

    Et voyait les trains s'enfuir dans la gare de Munich.

    Mais la rue dans laquelle je te retrouve et je te perds,

    Garçon auquel on a oublié de dire que tu avais encore du papier, bon à être froissé entre les dents. 

    C'est vrai, on a frappé à la porte mais tu ne pouvais pas ouvrir, 

    Dans cette maison où seule survit la mémoire trouble des poèmes aimés, 

    Plus personne, plus rien, 

    Par-delà le mur de boue et la boîte à chaussure remplie de syllabes précieuses,

    Et une petite table avec un albatros empaillé pour surveiller ton âme. 

    Dans un coin de la pièce, la cigarette continue de brûler, 

    Au bout des doigts de ton portrait caché, 

    Derrière le canapé,

    Tourné vers le mur, 

    Comme toi couvert de moisissures, de craintes et d'ennui. 

     

    Al Berto


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  • Un poème de Pablo NerudaPablo Neruda (1904 - 1973) est un écrivain et poète chilien. Dés sa jeunesse, il mène de front une carrière littéraire et politique intense, voyage énormément et se retrouve souvent en exil “ainsi toute ma vie, je suis allé, venu, changeant de vêtements et de planète ». En 1971, il reçoit le prix Nobel de littérature.

     

    Il meurt lentement

    celui qui ne voyage pas,

    celui qui ne lit pas,

    celui qui n’écoute pas de musique,

    celui qui ne sait pas trouver

    grâce à ses yeux.

    Il meurt lentement

    celui qui détruit son amour-propre,

    celui qui ne se laisse jamais aider.

    Il meurt lentement

    celui qui devient esclave de l’habitude

    refaisant tous les jours les mêmes chemins,

    celui qui ne change jamais de repère,

    Ne se risque jamais à changer la couleur

    de ses vêtements

    Ou qui ne parle jamais à un inconnu

    Il meurt lentement

    celui qui évite la passion

    et son tourbillon d’émotions

    celles qui redonnent la lumière dans les yeux

    et réparent les cœurs blessés

    Il meurt lentement

    celui qui ne change pas de cap

    lorsqu’il est malheureux

    au travail ou en amour,

    celui qui ne prend pas de risques

    pour réaliser ses rêves,

    celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

    n’a fui les conseils sensés.

    Vis maintenant !

    Risque-toi aujourd’hui !

    Agis tout de suite!

    Ne te laisse pas mourir lentement !

    Ne te prive pas d’être heureux !

     

    Pablo Neruda


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    Joachim du Bellay revu par Ridan 

    Joachim Du Bellay est un poète français né vers 1522 à Liré en Anjou et mort en 1560 à Paris. Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l'origine de la formation de la Pléiade, groupe de poètes pour lequel du Bellay rédigea un manifeste, la Défense et illustration de la langue française.   

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
    Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
    Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
    Vivre entre ses parents le reste de son âge !

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
    Fumer la cheminée, et en quelle saison
    Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
    Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

    Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
    Que des palais Romains le front audacieux,
    Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

    Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
    Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
    Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

    Joachim Du Bellay


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