• Marc Alexandre Oho Bambe dit Capitaine Alexandre, est un poète slameur. Il est lauréat du Prix Paul Verlaine de l'Académie française 2015. Il suit les traces des auteurs humanistes, René Char (d’où vient son nom de scène Capitaine Alexandre), Aimé Césaire, Frankétienne, … ses guides à penser.

    Sa poésie évoque le don de soi, l’amour et la révolte, et la quête de l’humain. Dans ses textes, qu’il porte ensuite à la scène, il aborde les tourments contemporains. Il propose au lecteur et au spectateur de s’interroger, de dialoguer, de ne pas rester les bras croisés et incite à un meilleur vivre ensemble.


    votre commentaire
  • Gabrielle AlthenGabrielle Althen, née en 1939, est une poétesse, romancière, nouvelliste et essayiste française. Elle vit entre Paris et le Vaucluse. Après avoir été professeur de littérature comparée à l’Université de Paris X-Nanterre elle est actuellement membre du jury Louise Labé. Auteur de nombreux ouvrages, elle a également traduit, en collaboration avec Jean-Yves Masson, les Poèmes à la nuit de Rilke en 1994

     

     

     

     

    Adresse 

    Tu es ma consternation et ma consolation
    Tu es ma colère et mon rire
    Tu appartiens à ton caprice
    Tu appartiens à ta douleur
    L’un chassant l’autre
    Tous deux exorbitants
    Et quand tu jouis tu supportes en jouant
    La rose du salut
    – Ô vulnérable parfois la rosée qui s’évade ! –
    Tu me consoles et me consternes
    – Des fleurs sans toi s’amoindriraient là-bas –
    Tu es mon risque et ma vivacité
    Ma jeune joie de fille surprise qui ruisselle
    Et ma présence étrange debout au bord du large
    Que je ne connais pas 

     

    Gabrielle Althen


    votre commentaire
  • Béatrice Bonhomme

    Béatrice Bonhomme, née à Alger en 1956, est une écrivaine, poète, essayiste et directrice de revue française. Elle a toujours vécu dans des paysages méditerranéens, lesquels imprègnent de façon particulière son imaginaire poétique. Elle a publié, à ce jour, une vingtaine d’ouvrages de poésie et de critique littéraire.

     

     

     

    Précarité de la lumière


    ne plus penser qu’à la lumière
    ne laisser qu’un battement
    un rythme rayonnant
    sur le bord du monde


    ne plus s’exposer qu’au rayonnement
    de la lumière
    et demeurer au creux du monde
    dans un rayon de flamme vive
    où va s’embraser la couleur

     

    Béatrice Bonhomme


    votre commentaire
  • François de Cornière

    François de Cornière a animé pendant trente ans les Rencontres pour lire à Caen. Il vit maintenant non loin de Guérande. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont La Surface de réparation, Boulevard de l’océan, Ces moments-là, Nageur du petit matin publiés au Castor Astral. Il a reçu les prix RTL-Poésie 1, Georges Limbour et Guillaume Apollinaire.

     

    UNE PHRASE DE NOTRE VIE

     

    Ce que j’aimais dans les mouettes
    c’est quand elles oscillaient
    et tout à coup plongeaient
    - cailloux qui tombent dans l’eau -
    juste devant nos fenêtres.

     

    Nous restions des heures
    à regarder la mer
    à nous parler des vagues
    des nuages et des mouettes.

     

    Aujourd’hui je retrouve cette image
    verticale immédiate
    qui plonge dans mon poème
    rieur comme l’été :

     

    la porte s’ouvre d’un coup
    des enfants sont entrés
    dans des corps de jeunes hommes
    (des voix de mouettes un peu)
    avec cette très grosse faim
    qui précipite le temps
    fait une tempête dans la cuisine
    et bouscule le monde
    éclaboussant d’eau froide
    une phrase de notre vie.

     

    François de Cornière


    votre commentaire
  • "Plat du jour", Daniel Biga

    Daniel Biga, né à Nice en 1940, a fondé la revue Chorus avec Franck Venaille. Il a multiplié les activités en tant que peintre, poète et enseignant. Il a notamment publié Oiseaux Mohicans, Kilroy was here et Né nu (Le Cherche-Midi), Stations du chemin (Le Dé Bleu) et Dis d’Elle (Cadex).

     

     

    un mur de pierres sèches à remonter

    un mur de pierres sèches comme appui-dos

    un mur de pierres sèches ce maître de vie

    un mur de pierres sèches énonce le message :

    que chaque jour soit l'accomplissement d'un acte

    originel

     

     

    Daniel Biga


    votre commentaire

  • votre commentaire
  • "respire" de Katherena Vermette

    Katherena Vermette est une écrivaine Métis.  Elle vit avec sa famille dans une vieille maison grincheuse à quelques pas de la Red River capricieuse, à Winnipeg. Elle a écrit de la poésie, des romans, des livres jeunesse et elle a co-dirigé le court-métrage documentaire « this river ».

     

    nous inspirons l’air

    frais dans nos êtres

    suffoqués et parlons

    de longs mots

    anishnaabemowin

    que je trace

    le long de ta peau

    nos cicatrices étirées

    jusqu’aux bords

     

    ces soyeux mots

    anishnaabemowin

    font des allers-retours

    dans le temps

    émanent de nos corps

    aussi sûrs que le smudge

     

    chaque mot beauté́

    quand il tombe

    de tes lèvres

    quand je l’attrape

    avec les miennes

    quand ton baiser

    s’attarde là longtemps

      

    Katherena Vermette

    L'anishinaabemowin (également appelé ojibwemowin, la langue ojibwé / ojibwa, ou chippewa) est une langue autochtone, qui s'étend généralement du Manitoba au Québec


    votre commentaire
  • Xavière MackayNée en 1985 à Québec, Xavière Mackay a grandi en Gaspésie.  Pont Rhodia, paru en 2018, est son premier livre. Dans son recueil, l’autrice présente ses pensées alternant entre l’intimité́ et les événements du monde extérieur à l’aide de poèmes du quotidien légers, simples et rapides, des instantanés qui attrapent le temps dans une langue limpide et attachante.

     

    vais-je arriver en retard ?

    est-ce que ça vaut

    la peine

    de courir d’après toi ?

    je perds mon temps

    tu crois ?

    merde !

     

    on s’en fout

    au fond

    on s’en fout

    de mes petits poèmes

    on s’en fout

    de ma job de merde

    franchement

     

    mon enfant me manque

    c’est tout

    j’essaie seulement de

    passer le temps

    passé loin de vous

    l’important c’est

    de noter que je vous aime

    tous les jours

    c’est ça

     

    la base de tout

     

     

    Xavière Mackay


    votre commentaire
  • "Dansez le poème" imaginé par le chorégraphe José Montavo

    sur le poème de Paul Eluard, Liberté !


    votre commentaire
  • Sony Labou Tansi  (Congo)

    Le romancier, poète, professeur et dramaturge congolais Sony Labou Tansi (1947 – 1995) est membre de l’avant-garde africaine. Libre dans ses pensées et dans son écriture, cet écrivain prolifique et non-conformiste explore les thèmes de la corruption du pouvoir et de la résistance à travers la création de formes rebelles.

     

     

    Enfin si les mots veulent

    s’ils veulent

    prendre ventre

    et chausser mon cœur

     

    au temps de la peur

    si les mots veulent

    sur la carte du sang

    rejouer l’espoir enfin

     

    je choisirai cette haine

    qui danse pour régler

    leur compte aux morts

     

    vivant vie de mot

    comme jadis

    mais maître à danser cette haine

     

    et jeu de mots

    et jeu de peau

    et jeu de noms

    mais cœur de passe

     

    terre donc

    mais terre qui tienne

    terre servant de corps

    et vivre à qui sera pour

    lancer le monde au monde

     

    donc-terre

    mais terre qui sauve

    or il sera cet homme

    où le temps est court

     

    il sera cet homme-parole de foin

    triste et simple

    mais déjà venu au monde

    par quatre chemins

     

    enfant du tohu-bohu

    et gardien de la passion

    il sera peur

    qui s’entête à crier son cœur

     

    mais bouches

    salives

    fondées

     

    or nous cracherons

    la pierre salée

    le manège

    et l’arc de honte

     

    Sony Labou Tansi


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique