• Dans le harem, l’attente…

    jours et nuits se ressemblent

    L’ennui, la crainte, le désir

    Flamme oscillante

    Femme tremblante

    Encens, musc, parfums enivrants, corps envoûtants

    Dans le harem, je t’attends…

     

    H. P. (écrit lors de la dernière nuit de l'écriture)


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  • J’aime la nuit avec passion.

    C’est beau, c’est doux, c’est langoureux. Une nuit d’été, douce comme la toison d’un mouton. Petit cocon silencieux.

    Silencieux ? Pas tant que ça si l’on écoute bien…

    Un hérisson qui passe, une chouette qui hulule sous la lune décroissante.

    Le rai de lumière inonde celui qui a habitué ses yeux. Les détails se révèlent et deviennent un monde nouveau, inconnu et connu à la fois.

    Une ombre s’approche, inquiétante, puis, finalement familière…

    Un bruissement de feuille s’invite, c’est le fantôme des arbres

    L’oreille est attentive. Plus qu’à l’accoutumée. Aux aguets. Réceptive au-delà de ses capacités diurnes.

    Les sens se déploient, se réveillent.

    Ils sont nocturnes.

    La nuit les hypnotise et le jour les endort.

    On croit les maîtriser mais leur réveil est intense et nous dépasse.

    Et nous, nous dormons.

    Il s’en passe des choses, la nuit…

    L’imaginaire approvisionne le chariot des sens. Les alimente, pour qu’ils deviennent actifs.

    On croit aux fantômes la nuit mais les fantômes sont en fait nos sens qui s’échappent pour aller casser la gueule aux dangers potentiels qui voudraient s’approcher de notre corps endormi.

    Sentinelles actives, combattantes, déployées, aux aguets.

    Et nous, Pauvres Dormeurs… Dans quelle quiétude naïve sommes-nous ?

    Il ne se passe rien la nuit dites-vous ?

    La fraîcheur se dépose. On frissonne. Et les sens nous recouvrent de leur enveloppe protectrice. Nos poils se soulèvent, au garde à vous contre les sorcières de la nuit.

    Car pour nos sens, le jour est fatigant et ennuyeux.

     

    C. M. (écrit lors de la dernière nuit de l'écriture)


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  •  

    Il est léger comme quelques plumes et se déplace sans un bruit, mais ses arpèges matinales me surprennent chaque jour, parfois même, son cri strident déchire la nuit. Celui-ci ne me plait pas car on lui attribue du malheur à venir.

    C'est celui du matin que je préfère, immuable au fil des saisons et des années, imperturbable dans ses habitudes. Surtout ne pas couper la branche de l'arbre (même s'il est mort), où pourrait-il se poser ?

    De la gaieté dans la voix, des prouesses dans les variations, une certaine moquerie dans le ton des vocalises "ohé, êtres humains, encore un jour pour vous, il suffit de chanter, prenez modèle, je suis là pour l'éternité !"

    Et celui du soir tombant, l’œdicnème il s'appelle. Il attend que le calme soit installé pour lancer son appel près du lit de la rivière, et que les peupliers m'en trans mettent l'écho.

    Demain sera pareil et pourtant si différent.

    S. C.

    Texte écrit lors de l'atelier "Empreintes", à partir des peintures de Edith Gagnebien 

    Il est léger

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  • Est-ce qu'un jour...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Est-ce qu’un jour chez vous sera chez moi ?

    Est-ce que je retrouverai chez vous des odeurs de chez moi ?

    Est-ce que je ne serai plus d’un autre bout de terre?

    Est-ce que je bannirai à tout jamais le mot misère ?

     

    J’entends encore le bruit des armes

    L’exode a laissé des traces dans mon âme

     

    Si mon sourire est aujourd’hui absent

    Si mes lèvres ne disent plus le Kurdistan

    Si hier s’efface

    Si aujourd’hui prend sa place

    Chez vous un jour je volerai plus haut

    Chez vous en toutes saisons demain il fera beau

    R. B.

    Texte écrit lors de l'atelier "Empreintes", à partir des peintures de Edith Gagnebien

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  •  

    Mon plâtre me gratte, mais le docteur dit que je dois être patient. Je n’ai pas le droit de jouer avec mes sœurs, alors je les regarde par la baie vitrée en équeutant les haricots verts.

    Soudain, une tache noire percute la baie vitrée. Mon cœur fait un bond et je renverse le bol où je mets les déchets.

    Dimanche matin

    Devant moi, un petit corbeau est au sol, sonné. Tout est suspendu, plus un bruit. Le bang a effrayé les autres sons. Le soleil, qui ne craint pas grand chose, semble s’être rapproché pour mieux voir.

    Le corbeau frémit et d’un bond se remet sur ses pattes. Il hoche la tête avec l’air de me saluer et s’envole.

    Alors, tout reprend. Je suis seul au milieu d’un océan de queues d’haricots verts, et le bol est cassé.

    Maman va me gronder.

    J.B

     

    Texte écrit lors de l'atelier "Empreintes", à partir des peintures de Edith Gagnebien


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  • Planter

    Planter. Il y a de la force dans ce mot

             Il tape, il creuse, il fait son show

    Et finalement, tout en douceur,

             Il recouvre son cœur de terre et de pleurs.

    C.M.

     

    Sève

    J’aime son va et vient. J’aime les deux. Les deux promesses. Les couleurs de ces deux promesses. Quand elles viennent en leur temps. J’ai eu peur cette année. Les feuilles musicaient en août comme elles le font habituellement en octobre. Angoisse qui va et qui vient et qui aujourd’hui s’estompe avec la promesse noire et plombante d’une belle ondée.

    M.F.

     

    Les arbres à l’infini…tif

    Gravir le versant de la colline

    Et contempler l’éloignement des cyprès.

    Semer des propos galants

    Pour sentir l’ivresse du charme nu.

    R.B.


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  • Quelques productions lors de l'atelier d'écriture de la semaine bleue aux Herbiers :

    "Je me souviens"

    Je me souviens de la meuleuse que possédait mon père et du plaisir que j'avais à tourner la manivelle pour qu'il puisse affûter couteaux ou autres outils.

    Je me souviens du battoir pour faire sortir la crasse du linge au lavoir.

    Je me souviens des histoires de Patapouf dans le Fripounet que nous étions heureuses, ma sœur et moi, de recevoir.

    Je me souviens des pâtés de sable que j'essayais de mouler et de protéger jusqu'à marée haute.

    Je me souviens de cette machine à coudre à pédale, détrônée par la machine électrique, alors qu'elle fait aujourd'hui la fierté des collectionneurs."Je me souviens"

    Je me souviens de la mobylette bleue de mon enfance et des souvenirs heureux qu'elle représente… sauf les pannes, hélas assez nombreuses !

    Je me souviens de la machine du secrétaire de Mairie,, de sa chanson, de son rythme lent; puis vint l'agilité de la sténodactylo, le crépitement du télex… et les sons se sont tus.

    Je me souviens de mon père qui pédalait sur sa bicyclette à 86 ans sur le remblai des Sables et qui allait jusqu'à Cayola. J'étais fière et je me disais qu'il était immortel.

    Je me souviens du bruit du moulin et de l'odeur du café moulu.

    Je me souviens des plateaux de la balance sur lesquels maman posait un poids de 500 grammes sur l'un et la motte de beurre sur l'autre.

    Je me souviens de la montre de mon grand-père, au bout d'une chaîne, qu'il sortait d'une petite poche.

    Je me souviens "Je me souviens"de ces belles images de première communion et de l'importance que nous donnions à cet événement. Souvenir inoubliable.

    Je me souviens de cette lanterne qui a traversé toute la vie familiale et qui finit désormais chez moi.

    Je me souviens de cet examen de dactylographie où mes pieds tapaient aussi vite que mes mains.

    Je me souviens de la moissonneuse lieuse qui crachait de si jolies gerbes plates. Je me souviens du tracteur Deering, d'en avoir pris le volant. Ce jour-là j'étais un roi.

    "Je me souviens" 

     


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  • Au centre d'habitat, le hameau des Vignes, aux Herbiers

     

    Voilà un "cadeau" donné par une personne  suivie par Lise au centre d'habitat.

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  • Livres en fête

     

     

     

     

     

     

     

     

    Lors de l'animation "Livres en fête" le 21 mai aux Herbiers "Alisé" proposait des jeux d'écriture. De nombreuses personnes ont accepté d'écrire quelques mots à partir de consignes très simples. En voici un échantillon :

     

    Si demain je partais sur une île déserte, j'emporterais :

    - un livre de survie

    - un tube de rouge à lèvres

    - un couteau suisse

    - la bible

    - un livre de poésies

    - du papier et des crayons pour écrire

    - un rosier de mon jardin

    - une photo de mon fils

    - l'ile des Zertes de Claude Ponti

    - un chien pour m'amuser

    - un dictionnaire

    - mon doudou

    - une chèvre

    - …

    Si j'étais

    Si j'étais un bijou je serais un collier de mots.

    Si j'étais un oiseau je serais un perroquet pour voler de mille couleurs.

    Si j'étais le vent je jouerais avec les rondeurs de la terre.

    Si j'étais un fruit je serais une banane comme ça je n'aurais pas de pépins.

    Si j'étais bibliothécaire je serais dans les nuages.

    Si j'étais une saison je régulerais le temps avec beaucoup de soleil.

    Si j'étais un arbre je m'accrocherais aux branches.

    Si j'étais le diable je serais là où on ne m'attends pas !!

    Si j'étais un poème j'irais chatouiller les oreilles des passants.

    Si j'étais une phrase je jonglerais avec les mots.

    Si j'étais un film je serais la mélodie du bonheur.

    Si j'étais une plume tu serais l'encrier.

    ... 

     Livres en fête

     

     

     

     

     

     

     

    Pourquoi…

    Pourquoi les roses ont-elles des épines ?

    Pour que les petits princes les apprivoisent.

    Pourquoi les arbres ne parlent-ils pas ?

    Parce qu'on leur a coupé la parole.

    Pourquoi n'y a-t-il pas d'arc en ciel avec la lumière de la lune ?

    Parce que la lune gourmande mange toutes les couleurs.

    Pourquoi n'y a-t-il personne derrière le miroir ?

    Cela reste à prouver !

    Pourquoi les secrets sont-ils si difficiles à garder ?

    Parce qu'ils nous brûlent les lèvres.

    ...

     

    C'est comme …

    Une noix, un trésor caché à l'intérieur d'un tonneau.

    Un matin de vacances, le coucher du soleil du vendredi soir.

    Une île, un point sur un i.

    Le vent du nord, un bisou dans le cou que nous envoie le Père Noël.

    Un nuage rose, une dragée de baptême.

    Un tapis volant, pour nous aider à voler avec les mots.

    ... 


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  • Au fil du chemin

    Écrire en chemin creux (la Croix Bara)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    - Attention aux racines! Lève bien les pieds pour ne pas trébucher. C'est bon? Alors, on y va. Regarde, un petit pont! C'est lui qui l'a construit.

    - Aussi?

    - Aussi.

    - Et le dinosaure, d'où sort-il?

    - Eh bien, on ne sait pas. Il l'a découvert dans un songe, à l'aube d'un matin d'hiver. C'était un animal fantastique qui s'imposait à sa pensée, qui s'imposait à ses mains. Alors voilà, il l'a fait.

    - C'est bizarre tout ça, tu ne trouves pas?

    - Il n'est pas fou, tu sais. Il rêve, il rêve, et nous attend sous le manteau de son mystère pour raconter les pas des villageois pressés dans le chemin encaissé et aussi rappeler les lettres des soldats aux épouses inconsolables. Non, il n'est pas fou.

    - Mais quand même, tout ce mélange, ça perturbe! Sarkozy avec le rhinocéros, Blanche-neige et De Gaulle!

    - C'est que cet homme n'a pas voulu trancher. C'est un éclectique.

    - Eclec quoi?

    - Éclectique. Ça veut dire qu'il ouvre son imaginaire à tout ce qui le touche. Créer quand ça lui plaît, disposer ses personnages à l'intérieur de son paysage, voilà ce qui l'intéresse et rien d'autre.

    - On dit qu'il a un musée...

    - Dans sa maison oui, mais je crois qu'il a aussi un musée de songes dans la tête et qu'il s'invente secrètement d'autres univers. Depuis l'enfance sans doute, ou bien pour oublier les souvenirs tristes.

    - On arrive au bout du chemin. C'est fini?

    - Non, ce n'est pas fini car le poète continue de créer quand il est seul, au cœur de son monde imaginé.

    - On rentre?

    - Oui, si tu veux.

    - Au moins, ici, on ne risque pas de se perdre!

    - Qui sait! A trop guetter les bêtes, à trop caresser les branches, à trop fixer les visages, ne risque-t-on pas d'oublier l'heure et le lieu où l'on se trouve?

    - Tu crois que l'endroit est enchanté? Que des créatures invisibles nous surveillent?

    - Non ma fille, c'est l'Histoire qui nous regarde avec ses grands et ses petits hommes... Écoute le tapage des faneuses, les messes dites à voix trop basse et le cris des chouettes messagères... L'homme du chemin n'est pas fou. Il a juste en lui un arbre clair qui fleurit depuis toujours, et fleurit et fleurit encore... 

     V. B.

    (écrit sur le sentier aménagé par P. Sourisseau à la Croix Bara)


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