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  • J'ai rencontré...

     

     

     

      

     

    Image par Anja de Pixabay 

     

    j'ai rencontré une ombre 

    qui avait des soucis

    pour masquer le soleil

    personne ne l'aimait

    elle faisait des effets

    s'allongeait  s'allongeait.

     

    chaque ombre peut penser

    qu'elle doit arrêter le soleil

    qu'elle sert de rafraîchissement

    et que chaque homme en a sa part

    mais en réalité

    l'ombre n'est jamais du bon côté du trottoir

    elle en rajoute avec les nuages

    et couvre impudemment

    tous les secrets de Sarkozy

     

    j'ai aussi rencontré le silence

    qui marchait à pas de loup

    pour ne pas le déranger

    j'ai fait taire les oiseaux

    j'ai arrêté la musique

    il était de triste humeur

    lors j'ai arrêté mon cœur

    si le silence voulait parler

    il serait

    en conflit d'intérêt

    avec lui-même.

     

    Hélène (18/11/2020)


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  • Joséphine Bacon

    Joséphine Bacon est Innue de Pessamit. La poésie et la tradition orale de son peuple la suivent depuis son enfance. Sa poésie au quotidien s’adresse à la mémoire collective, à la nature débridée, à la sagesse, et aux ancêtres. Elle vit à Montréal.

     

    Le Nord m’interpelle.

     

    Ce départ nous mène

    vers d’autres directions

    aux couleurs des quatre nations :

    blanche, l’eau

    jaune, le feu

    rouge, la colère

    noir, cet inconnu

    où réfléchit le mystère.

     

    Cela fait des années que je ne calcule plus,

    ma naissance ne vient pas d’un baptême

    mais plutôt d’un seul mot.

     

    Sommes-nous si loin

    de la montagne à gravir ?

     

    Nos sœurs de l’Est, de l’Ouest,

    du Sud et du Nord

    chantent-elles l’incantation

    qui les guérira de la douleur

    meurtrière de l’identité ?

    Notre race se relèvera-t-elle

    de l’abîme de sa passion ?

     

    Je dis aux chaînes du cercle :

    Libérez les rêves,

    comblez les vies inachevées,

    poursuivez le courant de la rivière,

    dans ce monde multiple,

    accommodez le songe.

     

    Le passage d’hier à demain

    devient aujourd’hui

    l’unique parole

    de ma sœur

    la terre.

     

    Seul le tonnerre absout

    une vie vécue.

     

    Joséphine Bacon

     


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  • J'ai rencontré....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Image par Анатолий Стафичук de Pixabay 

     

    J'ai rencontré la nuit

    la ténébreuse nuit

    celle qui distille la peur

    et la lumière aussi,

    celle qui nous apprend

    à vivre et à mourir en même temps.

     

    Chaque nuit peut penser

    qu'elle deviendra un nid douillet

    si les nuits avaient une idéologie

    ce serait justement

    celle de créer des liens

    entre ceux qui n'ont rien

    Mais dans la réalité 999 nuits sur 1000

    servent de repaires aux brigands

    et contribuent tout au plus

    à provoquer des arrestations

    et des peines de prison

     

    J'ai aussi rencontré la rivière

    qui trace sous le ciel

    un long ruban d'argent,

    et qui offre à nos yeux

    un chemin d'avenir

    dans l'entrelacs des jours et des années sans fin.

     

    Puis j'ai rencontré la vie

    à prendre ou à laisser

    qui trace son sillon

    au milieu des rochers

    celle aussi qui nous mène

    vers des îles lointaines

    et des soleils sans fin

     

    Chantal A. (18/11/2020)


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  • J'ai rencontré...

     

     

     

     

     

     

     Image par stokpic de Pixabay 

     

    J'ai rencontré une main

    Qui s'est posée sur mon matin

    Qui m'a emmenée vers demain

    Un demain au goût incertain

    Ou  le plus et le moins s'entrecroisent

    Comme les lettres sur une ardoise

     

    Chaque main peut penser

    Qu'elle deviendra le trait d'union

    Celui qu'on rêve à l'horizon

    Si les mains avaient une idéologie

    Elles se croiseraient à l'infini

    Pour emprisonner tant de haine

    Et laisser le vent

    Fouetter les dissidents

    Mais dans la réalité 999 mains sur 1000

    Servent à froisser

    Les guenilles de la liberté

    Et se ferment comme l'étau

    Sur tant de mots...

     

    J'ai aussi rencontré un regard

    Qui déshabille les consciences

    Qui met à nu l'indifférence

    Il me disait que pour chaque homme

    Il a le nom que tu lui donnes

    La vérité c'est qu'on le nomme

     

    Puis j'ai rencontré des mots

    Et j'ai eu beaucoup de chance

    Des mots mêlés

    Des mots croisés

    Des mots à lire sur un regard

    Avant qu'il ne soit trop tard

    Des mots à écrire dans les mains

    Avant qu'il ne soit demain

     

     

    Roselyne B. (18/11/2020)


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  • Anna de Noailles

    La poète française Anna de Noailles (1873-1933) crée, au début du XXe siècle, une poésie féminine vibrante de sensibilité, bien loin de l'univers des symbolistes. De Noailles s’enthousiasme pour la nature, cherchant dans son contact une source de sécurité et de calme. La perte de ses proches et la maladie changent sa voix poétique, qui prend alors un ton mélancolique.

     

    Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent.

    La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit,

    Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,

    Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent...

     

    Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur,

    Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;

    On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre

    De peur de déranger le sommeil des odeurs.

     

    De lointains roulements arrivent de la ville...

    La poussière qu’un peu de brise soulevait,

    Quittant l’arbre mouvant et las qu’elle revêt,

    Redescend doucement sur les chemins tranquilles ;

     

    Nous avons tous les jours l’habitude de voir

    Cette route si simple et si souvent suivie,

    Et pourtant quelque chose est changé dans la vie ;

    Nous n’aurons plus jamais notre âme de ce soir...

     

    Anna de Noailles


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  • J'ai rencontré...

     

     

     

     

     

     

     

    J’ai rencontré un chemin….

    Des bourrasques d’illusions ont soufflé sur ma vie

    J’ai repeint mes saisons

    Chanté sous l’éclaircie

    Le temps a brûlé entre mes mains .

    Tout n’est jamais que de passage

    mais, les chemins nous l’ apprennent

    « Ce sont les piétinements qui creusent nos vides »

     

    Chaque chemin peut penser

    qu’il deviendra ce passage du vent sur nos visages

    cette pente abrupte

    qui mène vers la rivière

    passés les champs incultes

    ce serait comme l’éclaircie

    celle de savoir qu’il n’existe pas d’autres possibles 

    pour aller à la rencontre de nous mêmes

    Si les chemins avaient une idéologie

    cela serait cette quête de sens

    que nous poursuivons

    comme claque le vent sur la folie de rêves

    quand résonne la vie

    derrière la prudence des silences.

    Mais dans la réalité 999 chemins sur 1000

    servent à nous délivrer de l’ éphémère

    pour nous conduire entre grâce et détresse

    vers le réel de nos vies.

     

    J’ai aussi rencontré une question

    Pourquoi la peur  ? le silence ?

    Pourquoi les mots ne retiennent-ils pas ce qui lentement se défait ?

    Nous laissant désarmés dans le brouillard de nos contradictions ?

    En quête d’une réponse où pourrait s’épouser l’ombre et la lumière.

     

    Puis j’ai rencontré la poésie.

    et j’ai entendu battre le cœur du monde

    J’ai franchi les orages, habité ma solitude

    j’ai chanté le bleu des matins

    partagé le murmure des choses

    et j’ai eu beaucoup de chance. 

     

     

    Lise L. (18/11/2020)


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  • Anjela Duval

    Anjela Duval née en 1905 au Vieux-Marché, près de Plouaret (Côtes-du-Nord) et morte en 1981 à Lannion est une poétesse bretonne. Elle est la fille unique d'une famille de cultivateurs, et avait repris la ferme. C'est une paysanne pauvre et simple qui écrit ses poèmes après sa rude journée de travail aux champs sur un cahier d'écolière. Elle lisait le breton depuis très jeune, mais ne s'est mise à l'écrire que dans les années 1960. Elle n'a fréquenté l'école, chez les sœurs dans la commune voisine de Trégrom, que de huit à douze ans (1917). Elle maniait assez bien le français, alors qu'elle avait appris le catéchisme en breton, comme c'était alors la règle.

    Gilles Servat lui consacra une chanson justement intitulée Traoñ an Dour. Gilles Servat raconte que quand on lui disait que l'on comprenait le breton sans le parler, elle répondait pour plaisanter : « comme mon chien… ».

    Ses œuvres complètes (sous le titre Oberenn glok), ont paru en 2000. Tirées en 1000 exemplaires et rapidement épuisées, elles ont été rééditées en 2005, à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance.

     

    Le carême des oiseaux 

    Nous nous déplaçons en groupes
    À raser le sol :
    Nos ailes sont flasques et sans force.
    Nous avons froid, que nos ventres sont légers !
    Nous les pauvres oiseaux sans grenier.
    — Un hiver âpre depuis des semaines.
    La terre a gelé, et l’eau.
    Nos pattes s’engourdissent sur la branche
    Où que le regard porte
    Rien nulle part !… Il faut mourir.
    … En tournoyant par-dessus,
    Nous avons vu dans un coin de la cour
    Une vieille motte : pleine de pépins.
    Hélas !… Le marc est gelé.
    — Brrr… Allons jusqu’au tas de paille.
    Ô joie !… De l’avoine noire. Du grain roux.
    Que les poules ont oubliés ?
    Qu’on a répandus pour nous ?
    Un enfant ? un vieux ? une femme charitable ?
    — Cœur généreux, merci à vous !…
    Nous épluchons le grain à la hâte
    En sautillant, en piaillant…
    — Une ombre ? Le chat noir ?… Méfiance !
    Ffrrou… Cherchons fortune ailleurs.

     

    Anjela Duval

     

    et, si vous connaissez le breton :

    Koraiz an evned 

    Kantren ‘reomp a vagadoù,
    ‘N ur darnijal izel-izel :
    Laosk ha dinerzh hon divaskell.
    Riv hon eus, ha skañv hor c’hofoù !
    Ni evned paour hep grignoloù.
    — Goañv start ‘baoe sizhunvezhioù.
    Skornet an douar hag an dour.
    Klerañ ‘ra hon treid war ar skourr
    Ne vern war be tu treiñ hor sell
    Netra nep lec’h !… Ret ‘vo mervel.
    … En ur droidellat a-us,
    E korn ar porzh hor beus merzet
    Ur gozh voudenn : Enni zo splus.
    Siwazh !… Ar markoù zo kleret.
    — Brrr… Eomp ‘trezek ar bern plouz.
    O joa !… Kerc’h du. Edennoù rous.
    Ankouazhet aze gant ar yer ?
    Pe skuilhet ‘vidomp a-ratozh ?
    Bugel ?… Den kozh ?… Maouez tener ?…
    — Kalon vrokus ; warnoc’h bennozh !…
    Diblusket eo ar greun gant mall
    ‘N ur biklammat, en ur wikal…
    — Ur skeud ?… Ar c’hazh du !… Evezhiañs !…
    Frrrou… D’ul lec’h all da glask hor chañs.


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