• Un poème de Pessoa

     

     

     

     

     

     

    Pas suffisant d’ouvrir la fenêtre

    Pour voir les champs et la rivière.

    Ne suffit pas de ne pas être aveugle

    Pour voir les arbres et les fleurs.

    Il faut aussi n’avoir de philosophie aucune.

    Avec la philosophie, n’y a pas d’arbres, juste des idées.

    Il n’y a que chacun de nous, comme une cave.

    Il n’y a qu’une seule fenêtre fermée, et tout le monde là dehors ;

    C’est un rêve de ce qu’on pourrait voir si la fenêtre s’ouvrait,

    Ce n’est jamais ce que l’on voit lorsqu’on ouvre la fenêtre.

     

    Fernando Pessoa (Poèmes inconjoints)


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  • Lettre au coronavirus

    ALERTETe suivre entre greffes et rejets quand les plis raides de tes symptômes cassent sur les cailloux après l’accomplissement du deuil. 

    BLOQUÉTu as des matins glacés comme des églises. Amarrée aux choses banales la vie regagne ses prisons. 

    COURAGEEn quête de liberté, après les parcours balisés, tu as choisi la gorge étroite. Un signe te délie et te donne raison. 

    DÉMUNITu frappes au front obstinément le chaos qui te fait obstacle. Combien faut-il de saisons pour accepter de contourner ? 

    ENGAGÉLa brèche où tu t’engages conduit-elle à la mort ou à la délivrance ? le vent te dit que c’est même chemin. 

    FRAGILETu avances en des brumes nouvelles, suffoqué d’un émoi trop grand pour ce temps hors saison. 

    GRATITUDE Malgré la débâcle des matins désorientés. De chutes en jaillissements tu dénoues des saisons traversées d’hirondelles. 

    HUMBLEAveuglé de brouillard tu refuses le jour. Du monde où tu te caches ne parvient pas d’écho. 

    INVISIBLE Un remous attardé emporte l’ultime reflet. L’ombre creuse tes rives. Ton silence flagelle l’attente. 

    JARDINIl faut des fleurs de givre pour recouvrir les morts. 

    KÉROSÈNEQuittant ta robe de ville tu t’habilles d’étoile. Des myriades de bulles te couvrent d’espoirs pulvérisés. 

    LABORATOIRETu résides en des lieux austères où tombent les masques inutiles. 

    MORALDans les méandres de ton voyage le ciel s’écorce d’une invisible guerre. 

    NATURETu longes des villes exténuées,  au temps de  leur triomphe, les terres empoisonnées ont mutilé les rives. Le ciel prend acte. 

    ORDINATEURÉcrire apprivoise la mort. 

    PEURQuand la fleur est fanée . Quand le jour agonise. Les mots s’immobilisent et veille un soleil mort. 

    QUARANTAINEAbandonnant toutes retenues, tu te laisses glisser au déversoir de tes amertumes. 

    RECONNAISSANTLa vie se justifie en écho à la mort. 

    SEULCoulant ta vie parmi les vies, aveuglé d’imminences,  froissées d’incertitudes, armé d’espoir et de patience.   Tu vas . 

    TENDRESSEAmour en déraison, tu vis dans l’ivresse de tes métamorphoses. 

    UNIVERSTe suivre entre greffes et rejets après l’accomplissement du deuil . 

    VIVANTFaisceau de lumière à travers le feuillage. La trouée vibrante libère une houle d’eau vive. 

    WEEK-ENDLe sentier des soignants n’a pas de garde-fou. 

    XINXIANGLe ciel prend acte. 

    YOYOLe reflux te conduit au lit des solitudes . 

    ZONEAveuglé de brouillard tu refuses le jour. Du monde où tu te caches ne parvient pas d’écho. 

    Dans le silence, entendras-tu l’appel des sources souterraines ?

     

    Lise L. (Avril 2020)


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  • Une citation de Paul Claudel

     

     

     

     

     

     

    "Écoutez bien, ne toussez pas et essayez de comprendre un peu. C'est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau, c'est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant et c'est ce que vous ne trouverez pas amusant qui est le plus drôle."

    ​​​​​​​
    Paul Claudel, extrait du Soulier de satin.


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  • Et si on écrivait ?

     

     

     

     

     

     

     

    ...Oui, si on écrivait ?

    On écrit pour ne pas mourir entièrement, pour ne pas mourir tout de suite puisque tout dépérit. Et je crois que parmi toutes ces raisons, les deux raisons les plus fortes d'écrire sont bien celles-ci : faire partager aux autres l'étonnement, l'éblouissement d'exister, le miracle du monde et faire entendre notre cri d'angoisse à Dieu et aux hommes, faire savoir que nous avons existé. (Eugène Ionesco, in Antidotes, 1977 )

    Je vous propose pour cela une consigne : Abécédaire du confinement :

    Alerte - Bloqué - Courage - Démuni - Engagé - Fragile - Gratitude - Humble - Invisible - Jardin - Kérosène - Laboratoire - Moral - Nature - Ordinateur - Peur - Quarantaine - Reconnaissant - Seul - Tendresse - Univers - Vivant - Wek-end - Xinxiang - Yoyo - Zone

    Ce sont les mots qui me sont venus à l'esprit dans cette actualité mais vous pouvez vous aussi proposer d'autres mots. Cela pourrait aussi être intéressant de publier des listes de mots sans aucun commentaire. A vous de voir.

    Ecrire un court paragraphe (deux ou trois lignes) à partir de chacun de ces mots. Il est possible de choisir uniquement les mots qui sont les plus évocateurs, les plus signifiants pour chacun·e de vous dans le contexte actuel.

    Envoyez vos écrits à atelieralise@laposte.net et nous les publierons sur ce blog.

    Merci


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  • Mahmoud Darwich

     

    C'était il y a quelques années aux "Lectures sous l'arbre" au Chambon sur Lignon.

     


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  • Un poème de Yannis Ritsos

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les clapotis dans le soir

    Et les miroitements des jasmins

    Attendent devant notre seuil une réponse.

    Que nous réclament-ils ? Que nous apportent-ils ? 

    Ton corps nu, nu ton corps, tout nu, 

    Cloué au cœur de la nuit,

    Le vent doré, la lumière incarnée.

     

    Extrait de La Symphonie du printemps. Yánnis Rítsos, (1909 - 1990)  est un poète grec. https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A1nnis_R%C3%ADtsos 


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  • Un poème de Jules Supervielle

     

     

     

     

     

     

    Jules Supervielle par Studio Harcourt RMN

     

    Ces jours qui sont à nous, si nous les déplions

    Pour entendre leur chuchotante rêverie

    Ah c'est à peine si nous les reconnaissons.

    Quelqu'un nous a changé toute la broderie.

     

    Jules Supervielle, extrait du recueil Le Forçat innocent


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