• "Dansez le poème" imaginé par le chorégraphe José Montavo

    sur le poème de Paul Eluard, Liberté !


    votre commentaire
  • Sony Labou Tansi  (Congo)

    Le romancier, poète, professeur et dramaturge congolais Sony Labou Tansi (1947 – 1995) est membre de l’avant-garde africaine. Libre dans ses pensées et dans son écriture, cet écrivain prolifique et non-conformiste explore les thèmes de la corruption du pouvoir et de la résistance à travers la création de formes rebelles.

     

     

    Enfin si les mots veulent

    s’ils veulent

    prendre ventre

    et chausser mon cœur

     

    au temps de la peur

    si les mots veulent

    sur la carte du sang

    rejouer l’espoir enfin

     

    je choisirai cette haine

    qui danse pour régler

    leur compte aux morts

     

    vivant vie de mot

    comme jadis

    mais maître à danser cette haine

     

    et jeu de mots

    et jeu de peau

    et jeu de noms

    mais cœur de passe

     

    terre donc

    mais terre qui tienne

    terre servant de corps

    et vivre à qui sera pour

    lancer le monde au monde

     

    donc-terre

    mais terre qui sauve

    or il sera cet homme

    où le temps est court

     

    il sera cet homme-parole de foin

    triste et simple

    mais déjà venu au monde

    par quatre chemins

     

    enfant du tohu-bohu

    et gardien de la passion

    il sera peur

    qui s’entête à crier son cœur

     

    mais bouches

    salives

    fondées

     

    or nous cracherons

    la pierre salée

    le manège

    et l’arc de honte

     

    Sony Labou Tansi


    votre commentaire
  •  
    Le Printemps des Poètes vous offre quelques minutes d'échappées poétiques en compagnie de Valentine Goby.
    Captation vidéo réalisée à l'occasion du festival La Bibliothèque parlante 2019 dans le Jardin-Forêt de la BnF - Bibliothèque nationale de France.© Le Printemps des Poètes - Kolam Production - 2019


    votre commentaire
  • Benjamin PéretLe poète français Benjamin Péret (1899-1959) est tout d’abord dadaïste puis membre du mouvement surréaliste de par son utilisation ardente de l’écriture automatique. Homme aux multiples visages - oppositionnel de gauche, poète, reporter, correcteur, prisonnier politique, ses poèmes reflètent une des idées centrales du Surréalisme : le concept du merveilleux en opposition aux coutumes de la société contemporaine.

     

    Dormir, dormir dans les pierres

    Le printemps est malade d'un cerisier nouveau
    d'un cerisier plein de fruits miroitants
    où sombrent les cils de porcelaine
    comme un regard dans un jet d'eau

    Assise flamberge assis vents
    La mer se décolore et le rouge domine
    Le rouge de mon coeur est le vent de ses îles
    le vent qui m'enveloppe comme un insecte
    le vent qui me salue de loin
    le vent qui écoute le bruit de ses pas décroître sur mon ombre
    si pâle qu'on dirait un poisson volant

    Benjamin Péret


    votre commentaire
  • Lors du "festimiam" organisé par le CPIE Sèvre et Bocage, dimanche 13 septembre à la maison de la vie rurale de la Flocellière, l'association ALISÉ a proposé de jouer avec les noms de légumes. Voici quelques extraits de ce qui a été produit :

    (Vous pouvez cliquer sur l'image pour la voir en grande taille)

    Jouer avec les motsJouer avec les mots

     

     

     

     

    Jouer avec les motsJouer avec les mots

     

     

     

    Jouer avec les motsJouer avec les mots

     

     

     

     

    Jouer avec les motsJouer avec les mots

     

     

     

    Jouer avec les motsJouer avec les mots

     

     

     

     

     

    Jouer avec les mots


    votre commentaire
  •  

    Louise Desjardins (1943 - )est une poète et romaLouise Desjardinsncière québécoise. Elle s’est d’abord fait connaître comme poète et compte à son actif plus d’une dizaine de recueils. Louise Desjardins est également traductrice de poésie et biographe. Elle est également la sœur de Richard Desjardins, auteur-compositeur-interprète.

     

    Je ferme les yeux

    Un rayon de soleil

    Pénètre mes paupières

    Infrarouge

     

    Un filet de sang

    Fait son chemin

    Hors de moi

    Chaque fois

     

    Une voyelle muette

    À la fin des mots

    Nécessaire et invisible

     

    Mon père me regarde

    En pointe d'épingle

     

    Ses yeux silex

    Me coupent les ailes

     

    Le silence scellé entre nous

    Sur un pied de guerre

     

    Ma mère nous sert une soupe

    Tomate et alphabet

     

    Tête baissée

    Nous ingurgitons nos lettres rouges

     

    Tous ces mots en vrac

    Dans nos estomacs  

     

    Louise Desjardins


    votre commentaire
  • Atelier "Ecrire avec Desnos" le 12 septembre

    animée par Lise Lundi.

    Enregistrement des textes écrits lors de la dernière consigne, avec les voix de Béatrice, Céline, Isabelle, Annick, Michèle, Edith, Chantal, Roselyne, Chantal, Elisabeth.


    votre commentaire
  • TON SOURIRE EST ABSOLU

     

    je ne

    je

    merde

    je

    je ne

    me rappelle plus

    je

    jeûne

    je n’ai

    je

    merde

    le monde

     

    je n’ai pas vu le monde

    je n’ai pas vu le monde

    naître

    je n’ai pas vu le monde

    je n’ai pas vu le jour

    de ma naissance

    je n’ai pas vu le jour

    où ma main droite

    rencontra la main gauche

    je n’ai pas vu ta main s’ouvrir

    je n’ai pas vu les liens se défaire

    le maton a laissé la porte ouverte

    j’ai quitté terre

    j’ai sauté à pieds joints

    dans les flaques

    j’ai défait le jour

    à coups de pioche

    je me suis couché

    chez les morts

     

    corps contre morts

    quand tu mourras

    quand je te mourrais

    quand je te murmurerais

    quand je nous aurais murés mourants

    placardés de murmures sérigraphiés de silence

    copier/coller du réel à vendre

    quand je nous aurais murés murmurés

    quand je nous mourrais

    quand j’ouvrirai les yeux…

     

    alors je ne verrai plus rien

     

    Pierre Soletti (1971 - ) Poète, dessinateur, artiste de rue, auteur de littérature pour la jeunesse, dramaturge, éditeur… Son œuvre est marquée par le rejet des fatalités de l'existence, de la barbarie et l'amertume devant la brièveté de la vie — non sans humour et un sens aiguisé de la formule.


    votre commentaire
  • "Tout est caché en toi", Can Yücel

    Can Yücel (1926 - 1999) est l'un des plus célèbres poètes turcs. Il est connu pour ses poèmes directs et sincères et pour son recours fréquent à une langue relâchée.

     

     

     

     

     

     

     

    Plus le sol t’attire, plus tu es lourde
    Plus tes ailes se débattent, plus tu es légère,
    Plus ton cœur bat, plus tu es vivante…
    Plus tes yeux voient au loin, plus tu es jeune…
    Tu es aussi bien que ceux que tu aimes,
    Aussi mauvaise que ceux que tu détestes…
    Quelque soit la couleur de tes yeux et de tes sourcils,
    Ta couleur est celle que ton prochain voit (en te regardant)…
    Ne vois pas les choses que tu as vécues comme profitables :
    Plus tu vis et plus tu te rapproche de la fin ;
    Vis autant que tu pourras vivre,
    Ta vie s’arrête à ce que tu aimes…

     

    Tu es aussi heureux que ce que tu as déjà pu rire.
    Ne sois pas triste saches que tu seras aussi heureux que ce que tu as déjà pu pleurer
    Surtout ne penses pas que tout est fini,
    Tu vas être aimé autant que ce que tu as déjà pu aimer.
    La valeur que la nature te donne est dans le lever du soleil
    Et tu es aussi humain que la valeur que tu donnes à ton prochain.
    Si un jour tu comptes mentir ;
    Laisse, tu es aussi humain que la confiance que tu accordes à ton prochain
    Le manque ressenti pour ton aimée se trouve dans la lumière de la lune
    Tu es aussi proche de ton aimée qu’elle te manque.
    N’oublie pas, plus il pleut et plus tu es mouillé,
    Tu es aussi chaud que le soleil qui te réchauffe.
    Tu es aussi seul que tu te sens l’être.
    Tu es aussi fort que tu te sens l’être.
    Tu es aussi beau que tu te sens l’être…

     

    Voilà c’est ça la vie !
    Voilà ça vivre,
    Tu vivras aussi longtemps que tu te souviendras de ça
    En oubliant cela tu auras froid à chaque inspiration que tu prendras
    Tu seras oublié aussi rapidement que tu oublieras ton prochain.
    Plus la fleur est arrosée plus est belle,
    Plus les oiseaux chantent plus ils sont mignons
    Plus le bébé pleure plus c’est un bébé.
    Saches le aussi, tu en sauras autant que tu en apprendras,
    Plus tu aimes, et plus tu seras aimé. 

     

     Can Yücel


    votre commentaire
  • Marie Uguay

    Authenticité solennelle rythme la poésie de Marie Uguay (1955-1981), poète québécoise. Victime d’un cancer des os, elle cherche à travers sa poésie une réponse à l’obscurité des mots.

     

     

    Maintenant nous sommes assis

    maintenant nous sommes assis à la grande terrasse

    où paraît le soir et les voix parlent un langage inconnu

    de plus en plus s’efface la limite entre le ciel et la terre

    et surgissent du miroir de vigoureuses étoiles

    calmes et filantes

     

    plus loin un long mur blanc

    et sa corolle de fenêtres noires

     

    ton visage a la douceur de qui pense à autre chose

    ton front se pose sur mon front

    des portes claquent des pas surgissent dans l’écho

    un sable léger court sur l’asphalte

    comme une légère fontaine suffocante

     

    en cette heure tardive et gisante

    les banlieues sont des braises d’orange

     

    tu ne finis pas tes phrases

    comme s’il fallait comprendre de l’œil

    la solitude du verbe

    tu es assis au bord du lit

    et parfois un grand éclair de chaleur

    découvre les toits et ton corps

     

    Marie Uguay


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires