• J'ai vu entre deux parpaings la petite fleur faire son forcing au soleil
    J'ai vu le sourire ému du SDF au passage de l'enfant, j'ai vu sa main tremblante essuyer une larme
    J'ai vu le sentier côtier rocailleux bordé d'ajoncs et d’églantiers le roc rendant le ciel

    J'ai vu le nuage gris fondre de tendresse sur le jardin asséché du vieillard d'à coté

    J'ai vu la toile d'araignée irisée de rosée sur la barrière bleue. .D'un coup sec j'ai vu l'homme déchirant cette œuvre d'art

    J'ai vu la voiture sale et cabossée la vitre sableuse. sur laquelle on a écrit : "la vie est belle "
    Je n'ai pas vu celui qui a écrit mais j'ai pleuré

    J'ai vu la  fourmi épuisée transportant son magot 
    Je l'ai vu déposer son fardeau et toi d'un coup de pied tu as tout détruit

    J'ai vu l'arbre vert, l'arbre fier, l'arbre d'or, l'arbre nu .Dans les quatre saisons, je me suis reconnue

    J'ai vu L'Aurore et ses promesses

    J'ai vu le coucher du Soleil et ses promesses

    Et Toi. là haut dans le ciel.
    M. S.

    votre commentaire
  •  Voyage

     

     

     

     

    Un jour j'oserai quitter ta main : partir sans réfléchir. . .  pour réfléchir, me retrouver seule, cheminer, marcher, dormir à la belle étoile ou sous un autre toit sans toi pourquoi pas ? 

    Me reposer, méditer, contempler, remercier, essayer de comprendre ce que je ne comprends pas et sans doute ne comprendrai toujours pas.

    Souffrir du froid, du chaud, la peau au soleil ou sous la pluie. Grelotter sous le vent du Nord, goûter l'alizé de l'été ! ÊTRE. de tout mon être ,renier L 'AVOIR. quêter l'essentiel, chuchoter mes secrets aux nuages libres.

    Les pieds fatigués, le corps épuisé : heureuse, différente, tellement différente. !  je reviendrai pour te faire partager.

    Et toi as tu changé ?

    Je reviendrai reprendre ta main. et toi oseras tu la reprendre ? 

    M. S. (écrit en  janvier 2019 lors d'un atelier sur le thème du voyage)


    votre commentaire
  • Je n'en pouvais plus d'entendre...

    Je n'en pouvais plus d'entendre ce morceau de granite me raconter son histoire. Immobile, venu on ne sait d'où. Pourquoi tant de cris, de chuchotements, de grincements sur ce tumulus aux allures de montagne sacrée ?

    J'avais déjà beaucoup marché, longtemps, sous un soleil me brûlant le visage. Les moustiques dévoraient mes chevilles. Un coq, au loin, me saluait en arrivant. Ce lieu m'avait tout de suite captivée. Je savais que j'étais arrivée.

    Il fallait gravir des marches de pierre recouvertes de mousse, faisant comme un tapis de prière pour entrer dans la légende. Une imposante croix en son sommet vous regardait. Je ne comprenais pas le mystère, mais il me semblait qu'il devait y avoir une voie souterraine quelque part. Je faisais le tour de la butte dans les châtaigniers touffus. Je m'accrochais aux ronces et aux houx épineux. Un vague sentier, peut-être routin marqué par le passage de bêtes, me guida vers un trou noir. Sous la roche. Ici même. Je me suis approchée. J'ai tendu l'oreille. J'ai écouté attentivement si l'écho de ma voix revenait. Rien. C'était comme un vertige, une aspiration. J'avais tellement cherché ! La pierre semblait parler. Devais-je répondre à son appel ? Franchir la porte ? Renoncer ?

    D. R. (Marche/écriture du 30/06/2018)


    votre commentaire
  • ... ce morceau de granite ...

    Je n'en pouvais plus d'entendre ce morceau de granit me raconter son histoire, je ne lui avais rien demandé.

    Il était venu, on ne sait d'où . Il était posé là sur le tumulus où j'avais choisi de m'arrêter pour terminer mon livre, tranquillement, après avoir tellement marché depuis le lever du soleil ; avant qu'il ne fasse trop chaud et que le match de foot n'enflamme les supporters.

    Ce morceau de granit se trouvait captif : enserré de lierre, de ronces, de végétation très dense ; il aurait pu se taire au lieu de vouloir absolument me raconter une pseudo légende, parait-il passionnante et inédite. Elle parlait, parait-il de voix souterraines. J'avais juste envie de lui dire que j'avais besoin de calme, de silence et que, pour la légende, on verrait plus tard.

    Rien à faire, il paraissait vouloir endosser le costume de guide- un guide en granit ???

    me voilà partie dans une drôle d'histoire sans savoir quelle couleur elle prendrait : lumineuse ou terne ? Joyeuse ou triste ?

    Il voulait absolument que je l'écoute moi qui aurais souhaité juste terminer mon livre. Ça n'est pourtant pas compliqué .

    S'il continuait, je finirais par être prise de vertiges.

    Saurais-je me débarrasser de ce morceau de granit ou allait-il m'encombrer encore longtemps ?

    C. P.  (Marche/écriture du 30/06/2018)


    votre commentaire
  • ... me raconter son histoire !

    Je n’en pouvais plus d’entendre ce granit me raconter son histoire. Il venait d’on ne sait où, depuis des millénaires. Tous le connaissaient au village. Il était la colonne vertébrale de ce tumulus qui avait amusé des centaines de gamins marchant, jouant, grimpant avant de devenir des hommes.

                Aucun ne voulait rester captif de cette longue histoire faite de souvenirs imprécis et sans doute improbables. Nul ne savait où commençait la réalité et où se greffait la légende. Pas d’archives, pas de voix souterraines pour dire ou contredire les paroles des anciens transmises depuis des lustres. Chaque guide brodait à sa façon l’origine de la pierre, son utilisation en empruntant les couleurs qui lui venaient à l’esprit : couleurs du temps capables d’écouter la symphonie des siècles et de donner le frisson au plus érudit.

                Que croire ? Qui croire ? Est-ce si important de savoir d’où vient le monde ?

    N’est-ce pas plus essentiel de le vivre ici et maintenant ?

    M. B.  (Marche/écriture du 30/06/2018)


    votre commentaire
  • Je suis...

    Je suis le vent et je conduis tout ce qui vole

    tout ce qui rampe

    tout ce qui nage

    En somme tout ce qui vit

    Je vous conduis

     

    Je suis la pierre et je fonde chaque abbaye

    chaque chemin

    chaque foyer

    En somme tout ce dure

    Je vous fonde

     

    Je suis le soleil et j'éclaire toutes les prairies

    toutes les forêts

    tous les ruisseaux

    En somme tout ce qui est vivant

    Je vous éclaire

     

    Je suis st Michel et je protège n'importe quelle bête sauvage ou domestique

    n'importe quel seigneur ou vassal

    En somme toute l'humanité

    Je vous protège

     

    Je suis le dieu Mercure et je transporte les bonnes et mauvaises nouvelles

    les bonnes et mauvaises gens

    les vivants et les morts

    En somme tout ce qui est animé

    Je vous conduis

    C. A.  (Marche/écriture du 30/06/2018)


    votre commentaire
  • Textes écrits dans l'église des Châtelliers

    Arriver à pas lents.

    Village silencieux.

    Traverser le cimetière.

    Éprouver les pierres chaudes.

    Gagner le porche. Fraîcheur.

    Pousser la porte. Silence.

    Et noir.

    Un bouton à gauche. Lumière.

    L'orgue se déclenche.

    Poser son sac.

    S'asseoir. Respirer.

    Attendre. Attente. Advenir.

    J'aime mettre mes pas dans ceux qui sont passés avant moi.

    D. R.  (Marche/écriture du 30/06/2018)

     

     * * *

    Je marche depuis presque la nuit des temps,

    jusqu'à cette butte, là, dans ce bocage tellement vert,

    havre de calme, silence, fraîcheur

    Cette pause est un cadeau.

     

    Après les marais, les roseaux, les cigognes

    et les canaux,

    ce début d'agitation de l'été à venir,

    Cette pause est un cadeau.

     

    Avant le désert de sable, de cailloux,

    la chaleur intense et l'immensité,

    la pluie tellement espérée,

    Cette pause est un cadeau.

     

    Regrets des pays devenus inaccessibles,

    des frontières infranchissables,

    des contrées soudain très violentes, invivables,

    Cette pause est VRAIMENT un cadeau.

    C. P.  (Marche/écriture du 30/06/2018)

     * * *

    Je m’écrase sur le banc : le premier venu. : celui du fond. 

    fonds en larmes : épuisée lessivée gonflée de fatigue et d'émotion. 
    Trop beau trop grand , l'orgue imprévu !
    J'achève le voyage : Bobos douleurs ampoules aux pieds douches oubliées habits trempés , nuits d'insomnie aux nuits étoilées des forêts sombres aux vallées fleuries . . . .
    J'achève le voyage avec la rage de repartir sur d'improbables chemins :

    Chemins intérieurs tracés par tant de beautés rencontrées :
    Rencontres si riches
    riches de personnes
    personnes à tout donner
    donner, partager

    C'EST DÉCIDÉ. : MA VIE SERA PRIÈRE ET LOUANGE ! !

    M. S.  (Marche/écriture du 30/06/2018)

     

    (Chant : "Que tes oeuvres sont belles")


    votre commentaire
  •  

    Que dire de moi même avant que de me risquer a jouer?

    piocher dans une marmite où les mots ont survécu

    au feu

                                                                           à la glace

                                                                             aux malheurs?

    parler de ma taille,de mon binocle, de mes jambes....

    le précieux dégoûté que je suis avance dans le noir

    attend de rebondir sur des obstacles venimeux...

    sur un vaisseau amarré à nulle part,

    je me butte, je flotte, je coule, je renais, je pars...

    parfois.

    E. G.

    Pour accompagner la lecture (Gnossiennes 1 d'Eric Satie):

     

    __________


    votre commentaire
  • Sentier des poètes à la Meilleraie-Tillay

    Nous avons animé des ateliers d'écriture avec les deux classes de CM de La Meilleraie-Tillay le vendredi 26 janvier. L'objectif était de produire des écrits poétiques qui figureront sur des panneaux du sentier des poètes.

     

     Sentier des poètes à la Meilleraie-Tillay

    Sentier des poètes à la Meilleraie-Tillay

     

     

     

     

     

     

     

    Voici ce qui a été écrit par les deux classes :

    Pour que le document soit plus lisible, le mettre en pleine page en cliquant sur les flèches en haut à droite. 

    * * *


    votre commentaire
  •  

    Cette douceur hors saison poisse la peau .

    Elle va.

     

    Fruit trop mûr griffé de tendresses bleuies vers des moissons inaccessibles

    Ultime guerre pour la femme d’automne

    Tenir jusqu’aux premières gelées sur cet espace roux qui reste à traverser

     

    Tombent les feuilles comme des étoiles  mortes  sous un ciel ensanglanté

    La pluie n’a pas laissé de traces

    le vent emporte les odeurs

    les glands secs craquent sous les pas

     

    Elle a serré sur son cou une écharpe de soie

     

    Les tournesols humiliés courbent la tête sous le soleil indifférent

    Les buissons désertés éclaircissent et se taisent

    A fleur de terre la vie chancelle

    les cailloux du temps lapident les rêves

     

    Obstination du lierre qui masque les blessures 

    vrilles d’une ancienne prière

    l’arbre  se recueille.

     

    Front penché. Debout au bord du champ

    la femme ne sait pas comment traverser sa dernière saison.

     

    L. L


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique