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     ALERTE, mes amis, nous voilà bloqués dans ce printemps plus ensoleillé que jamais. Il n’a pas manqué de courage pour fleurir en temps et heure,  envers et contre tout, tandis que nous, pauvres humains, si démunis, privés de liberté, engagés dans une lutte qui nous dépasse, ramenés à notre fragile condition humaine, nous le saluons avec gratitude.

                Oui, mes amis, comment ne pas se sentir humbles face à ce minuscule grain de sable invisible à l’œil nu, ce microbe qui pousse au jardin des cauchemars. Nous rêvons d’une essence magique ou d’un kérosène mortifère  pour évacuer de nos vies ce virus de la couronne (que faites-vous, laboratoires de mes deux ...). Garder le moral est un exercice délicat dans cette pétaudière.

                On a beau s’extasier devant la nature, tapoter sans fin sur nos ordinateurs, difficile de ne pas céder à la peur. Les quarantaines se succèdent,  et pourtant  nous sommes reconnaissants à nos services de santé de nous protéger, de chercher sans fin le remède miracle. Mais en fin de compte, nous sommes bien seuls, face au ciel  insolemment bleu.

                Enfin, il nous reste la tendresse, ce cocon qui nous protège des pièges incompréhensibles de l’univers. Mes amis, restons vivants, les jours et les week-end passent et passeront. Méditons, apprenons le chinois, le japonais, le boura-boura ou le xinxiang, pratiquons le yoga. A défaut, jouons du yoyo, ça ne fatigue pas trop les méninges, et nous finirons par avoir des muscles d’athlète.

                 Nous finirons bien par sortir de la zone interdite qu’est devenue la terre entière... La chaleur de l’été renouvellera bientôt l’air de notre planète, n’en doutons pas.

                N’oublions pas que « après le printemps, vient l’été ». (ça ressemble à des prés verts, pardon à du Prévert).

     

    Régine, 4 avril 2020.


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  •  L’appel du printemps

     

     

     

     

     

     

    Je me suis endormi, lentement, au creux de l’hiver et me suis laissé porter par des rêves insensés, mais que j’aurais voulu réels.                                                                               

    Des rêves d’un printemps qui balaierait tout ce qui n’est pas blanc.
    Un printemps où les oiseaux ignoreraient l’orage, où le blé ne craindrait plus le mauvais temps et mûrirait en paix.
    Un printemps où les paysans cultiveraient sans contrainte et en chantant, des hectares de bonheur, sans penser à l’hiver que les hommes sèment un peu partout.
    Un printemps où les dernières rafales des vents du Nord chasseraient les mauvais penchants des hommes, donneraient des couleurs aux chagrins des enfants malades, aux parents qui se déchirent.
    Un printemps où la nature et le ciel bleu redonneraient le sourire à ceux dont la vie n’est qu’un hiver sans fin.
    Un printemps où une sève nourricière ferait pousser des idées de renaissance, notre soif de bonheur et nos espoirs nouveaux.
    Un printemps où chacun réussirait à franchir avec joie le pas salutaire, comme le hérisson la route dangereuse.
    Un printemps où le rossignol nous prouverait que la vie est belle à chanter, quelle que soit la partition.
    Un printemps à mettre sur la toile de nos jours, mais sans se prendre pour un Monet ou un Gauguin…

    Insensé mon rêve ? Un peu sans doute…
    Mais si mes chagrins ont repris quelques belles couleurs, ne pas tout garder pour moi…
    Tendre mes pinceaux à ceux qui cherchent, peignent et chantent la vraie couleur d’un vrai printemps.

     

    Jacques R. ( 27/03/2018)


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    Quand le matin s'éveille

    La lune quitte la fenêtre.

     

    Ouvrir la porte du jour

    Chercher ce qui adviendra.

     

    Il y aura peut-être quelque chose

    Mais quoi ?

     

    Gabriel A. (mars 2020)


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  • Vivre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dans ses poèmes d’amour, Paul Éluard écrit :

    « Ce printemps est un printemps qui a raison ».

    Voilà un homme qui savait parler aux femmes.

    Être amoureux au printemps, c’est beau et ça inspire les poètes.. Mais il y a le temps et la vie qui va…La vie qui défait les liens qui s’enrubannaient de promesses.

    Éphémère comme le vent, les sourires se dérobent et les anneaux glissent des doigts. Pourtant « il fait bleu ».

    On cherche encore la couleur des mots, on s’emmêle dans les mystères de l’autre .

    On a brodé sur l’étoffe du temps des promesses de soleil…On a attisé les jours de passion pour renaître à chaque aube neuve.

    On a souvent gaspillé le présent.

    Amarrés à nos hivers on s’invente encore des Avril. On cherche l’éclaircie dans un regard, un geste de tendresse.

    Le coucou a chanté.

    La pluie a creusé des ornières. Des voix discordantes ont brisé les saisons.

    Tant de mots sans mémoire !

    Tant de nuages sur la clarté des matins…Pourtant, sous la fête des primevères on veut encore y croire.

    Printemps ! Théâtre d’espérances et de doutes.

    On voudrait revenir en arrière. Effacer les bleus de l’âme. Recommencer comme on dit « Vivre »

     

    Lise L (Mars 2018)


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  • En cultivant son jardin

     

     

     

     

     

     

    Ma tondeuse ayant rendu l'âme juste avant le con-finage, l'herbe et les fleurs en ont profité pour s'en donner à cœur joie, sans vergogne ; et ça pousse, ça pousse! on n'arrête pas la nature en marche, par décret municipal !

    Pissenlits, pâquerettes, orties, belles inconnues, mêlés aux jonquilles et aux iris, vivent ensemble un grand moment de liberté, sans le bruit infernal et sans les lames coupantes qui leur gâchent habituellement leur poussée printanière.

    Plus  de voitures, plus de traces d'avion dans le ciel.

    Quand même, c'est un peu étrange !

    Où sont coincés les adolescents de l'ADAPEI, juste en face, ceux qui poussent parfois des cris d'enfermement dans leur tête , et qu'on promène sur le chemin montant devant la maison, pour les apaiser en cueillant des marguerites et caressant les chats qui les suivent...Trois voitures garées sur le parking disent le dévouement des jeunes moniteurs assurant une présente rassurante aux angoissés. solidarité humaine de la jeunesse.

    L'ennemi est invisible.

    Le chemin est désert, excepté la course silencieuse d'un joggeur méditatif et solitaire.

    On n'entend plus que les oiseaux étonnés, qui se racontent leur étonnement de ce silence, en espérant que ça dure.

    L’avenir est insaisissable.

    Carpe diem.

     

    Hélène D. (24/03/2020)


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  • Au nom de la terre

     

     

     

     

     

    Chacun de nous est abreuvé de mille et un reportages nous parlant de notre terre. Cette terre-mère diront certains, cette terre défigurée crieront d’autres

    A-t-elle encore un nom cette terre, Osons nous regarder le glacier qui fond, l’arbre qui se dessèche ?

    Irons- nous encore à la chasse aux papillons ou laisserons-nous voler les quelques spécimens qui nous restent ?

    Et pourtant nous voulons croire qu’il existe encore des fleurs dans les jardins, des écureuils dans les arbres, des enfants qui chantent et qui dansent.

    Mais alors pourquoi au nom de la terre arrachée à ses paysans par un sacro-saint capitalisme sans état d’âme, pourquoi allons- nous jusqu’à l’inévitable ?

    Il faut nous réveiller !

    Il n’est pas trop tard…

    Nous ne rougirons pas de ces petits pas sur un long chemin « Au nom de la terre »

     

    Roselyne B. (Octobre 2019)


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  • À l'horizon de mon enfance

     

     

     

     

     

     

    À l’horizon de mon enfance

    S’inscrit la rumeur de la mer

    Les matins noirs des grands hivers

    Et des printemps pleins d’espérance

     

    À l’horizon de mon enfance

    On chante dans tous les bistrots

    Et les hommes ont des regards chauds

    Dans les couloirs de leurs errances

     

    À l’horizon de mon enfance

    On sent la pomme et l’abricot

    La cire douce et le pain chaud

    Le soir a des ciels en partance

     

    À l’horizon de mon enfance

    Le ciel est clair le soleil luit

    Les oiseaux jasent dans les nids

    C’est un doux parfum de vacances

     

    À l’horizon de mon enfance

    Les forêts sont peuplées de loups

    « venez, petites, baiser ma joue

    et me donner votre innocence »

     

    À l’horizon de mon enfance

    La brume grise noie le sable

    Il est temps de quitter la table

    Sur le chemin la vie commence

     

    Régine A. (07/12/2009)


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  • Paris de ma fenêtre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Paris de ma fenêtre » c'est loin et c'est bruyant et c'est immense. Pas le même ciel.

    Evidemment, de ma fenêtre ici chez moi, le ciel est à portée de main ou presque.

    Le ciel de Paris est un ciel à chercher entre les immeubles et tant de choses au ras du sol attirent l'attention qu'on peut l'oublier très rapidement le ciel,comme on peut oublier aussi le soleil, la lune et les étoiles.

    Alors qu'il y a-t-il donc à Paris qui puisse non pas remplacer tous ces trésors mais attirer l'attention, réjouir l'oeil ?

    Bien sûr les magasins de toutes sortes et si nombreux qu'on se demande comment ils font pour vivre.Bien sûr aussi la foule dans les rues, les parcs,les musées, les bus mais aussi sous la ville, une autre vie avec le métro, ses escaliers et ses couloirs et ses mendiants car il faut bien le dire Paris secrète les mendiants comme il secrète aussi le luxe.

    De ma fenêtre ici chez moi, tout est plus modéré, les plus riches se fondent davantage avec les plus pauvres, bien sûr, il y en a des pauvres et parfois de vrais, mais ils se cachent. Ont-ils honte ? Peut-être car il est vrai qu'ici sans connaître forcément tout le monde on se côtoie plus facilement, on se salue.

    Alors vous l'avez deviné c'est plutôt de ma fenêtre ici, chez moi que j'aime le monde, même si de temps en temps, je me laisse prendre aux charmes du quartier Beaubourg, des quais de Seine ou des Buttes Chaumont.

    Je sais qu'ici tout près, j'ai un donjon, une forêt et un ciel immense.

     

    Chantal A. (décembre 2017) 


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  • Va où le vent te mène (3)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le vent joue sur ce jardin prodige :je le suis dans ses allées détrempées.

    Résister à l'envie de toucher ces plantes dites "médicinales" ... Écraser des feuilles, des tiges entre mes doigts et respirer des parfums indicibles....Et le velours de ces touffes rondes et fleuries ..!

    "Patouiller" avec volupté dans l'eau et la boue de l'allée.

    L'herbe mouillée se plaint et pleurniche sous mes pas.

    Un silence presque sauvage enveloppe ce coin paisible. "Presque"... silence un peu brisé par le coassement de deux corbeaux qui semblent tenir conversation.

    A la poursuite du vent,. une mésange volète. Je la suis, un peu, et elle me conduit en haut d'un escalier de pierres moussues.

    Le vieil escalier a-t-il choisi de descendre au pays de vieux arbres qui se préparent en secret au grand sommeil de l'hiver ?

     

    (écrit au cours de l'atelier "Mots de plein vent" par M.T.) 


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  • Va où le vent te mène

     

     

     

     

     

     

    Il était une fois un petit jardin niché dans un lien de bocage ; un petit jardin caché, discret, sauvage, un jardin d'autrefois, de grand-mère ou de curé !

    La lenteur est à l'honneur : On aime s'y poser, observer, méditer , parler aux arbres et aux nuages . . .

    Que nous dit l'arbre mort aux branches dressés vers le ciel ? Les oiseaux y chantent encore ! ! !

    Comme lui nous vivons les quatre saisons de la vie, les ombres, les lumières, les nuits sans lune ou les voûtes étoilées !

    Il nous parle de vie de mort de résurrection !

    On se perd, on vagabonde dans le petit jardin. Il y a les légumes d'automne, les plantes aromatiques, la menthe sauvage et encore . . . On parle bas pour ne pas déranger ce savant désordre, ou alors on ne parle pas pour mieux goûter ce silence apaisant. parfois troublé par la chute des feuilles précipitée par la bourrasque d'octobre !

    La mousse moelleuse amortit nos pas, elle se veut discrète tandis que les couleurs délirent.

    Éloge à la beauté

    à la lenteur

    à la Vie. chez nous, si près, au détour du chemin.

     

    (écrit au cours de l'atelier "Mots de plein vent" par M.S.) 


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