•  

    Que dire de moi même avant que de me risquer a jouer?

    piocher dans une marmite où les mots ont survécu

    au feu

                                                                           à la glace

                                                                             aux malheurs?

    parler de ma taille,de mon binocle, de mes jambes....

    le précieux dégoûté que je suis avance dans le noir

    attend de rebondir sur des obstacles venimeux...

    sur un vaisseau amarré à nulle part,

    je me butte, je flotte, je coule, je renais, je pars...

    parfois.

    E. G.

    Pour accompagner la lecture (Gnossiennes 1 d'Eric Satie):

     

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  • Sentier des poètes à la Meilleraie-Tillay

    Nous avons animé des ateliers d'écriture avec les deux classes de CM de La Meilleraie-Tillay le vendredi 26 janvier. L'objectif était de produire des écrits poétiques qui figureront sur des panneaux du sentier des poètes.

     

     Sentier des poètes à la Meilleraie-Tillay

    Sentier des poètes à la Meilleraie-Tillay

     

     

     

     

     

     

     

    Voici ce qui a été écrit par les deux classes :

    Pour que le document soit plus lisible, le mettre en pleine page en cliquant sur les flèches en haut à droite. 

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  •  

    Cette douceur hors saison poisse la peau .

    Elle va.

     

    Fruit trop mûr griffé de tendresses bleuies vers des moissons inaccessibles

    Ultime guerre pour la femme d’automne

    Tenir jusqu’aux premières gelées sur cet espace roux qui reste à traverser

     

    Tombent les feuilles comme des étoiles  mortes  sous un ciel ensanglanté

    La pluie n’a pas laissé de traces

    le vent emporte les odeurs

    les glands secs craquent sous les pas

     

    Elle a serré sur son cou une écharpe de soie

     

    Les tournesols humiliés courbent la tête sous le soleil indifférent

    Les buissons désertés éclaircissent et se taisent

    A fleur de terre la vie chancelle

    les cailloux du temps lapident les rêves

     

    Obstination du lierre qui masque les blessures 

    vrilles d’une ancienne prière

    l’arbre  se recueille.

     

    Front penché. Debout au bord du champ

    la femme ne sait pas comment traverser sa dernière saison.

     

    L. L


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  •  

    Au début  y a rien

    On ne voit rien

    C’est un peu toujours pareil

    On se lève c’est le jour

    On se couche c’est la nuit

    On ne voit rien

    Ya rien qui change

    Et pourtant

     

    T’as toujours les cheveux frisés

                                           Mais ils ont changé de couleur

    T’as toujours les yeux bleus

                                            Mais ils se cachent derrière des lunettes

    T’as toujours le sourire d’avant

                                             Mais quelques rides de maintenant

    Tu dis toujours « ça va »

                                            Mais tu courbes un peu le dos

    T’as toujours du fricot pour les pignoux

                                             Mais tu racasses moins vite

    Tu parles d’hier comme autant de souvenirs

                                           Mais aujourd’hui t’échappe

     

    Quelque chose a changé                         

    Une nouvelle saison s’installe  sous un ciel qui brimasse

    Peut-être s’appelle-t-elle « Automne »

     

    R. B.


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  •  

    Libres sont les oiseaux migrants

    ils suivent les chemins du vent

    ils ne se fient qu'à leur étoile

    à leur soleil

    à leurs courants

     

    ils sont en bandes, ou solitaires

    dorment aux branches des vieux chênes

    dans les sapins  ou sur les toits

    ils vont là où est leur destin

    retrouver leur nid de cigogne

    ou leur famille d'hirondelles

    tout un verger de pommes en fleurs

    petits bois ou grande forêt

    bord des étiers, roches des mers

     

    ils y resteront tout le temps

    le temps qu'il faut jusqu'à l'automne

    repartiront avec le vent

    un soir dans le soleil couchant

     

    là bas derrière les barbelés

    ou dans les camps

    les enfants regardent étonnés

    ces migrateurs

    sans passeport

    venus du nord ou du levant

    qui suivent les chemins du temps

    du temps qu'il fait vers le printemps

     

    quand la nuit vient il faut dormir

    les pieds mouillés le cœur serré

    les yeux fermés

    ils entendent comme un bruit d'ailes

     

    leurs rêves deviennent des oiseaux

    libres et joyeux dans le soleil

    ils montent de plus en plus haut

    loin au dessus des barbelés

     

    là, il n'est jamais demandé 

    de montrer son laisser passer

     

    H. D.


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  • Chemin de lumière vers

    le cercle de lueurs vacillantes.

    Chaleur et terrasses sous le ciel étoilé,

    partage et amitié au son du oud,

    mur qui s'écroule.

     

    Cicatrices dans la terre qui se referment,

    oliviers et vignes en terrasses au soleil,

    thé à la menthe et discussions sans fin,

    la pleine lune orange se lève

    sur la muraille de Jérusalem.

     

    Ma tête et mes espoirs sont là-bas,

    bercés par cette musique qui me transporte.

     

    Enfin le quotidien devient apaisé,

    sans entrave, sans contraintes,

    sans crainte.

     

    Fini les barrières et le barbelé,

    fini les miradors et les contrôles.

     

    Enfin tu respires, tu circules,

    Enfin tu vaques, tu rêves,

    Enfin tu souffles,

    Enfin tu es LIBRE .

    C. P. (écrit lors de la dernière nuit de l'écriture)


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  • Dans le harem, l’attente…

    jours et nuits se ressemblent

    L’ennui, la crainte, le désir

    Flamme oscillante

    Femme tremblante

    Encens, musc, parfums enivrants, corps envoûtants

    Dans le harem, je t’attends…

     

    H. P. (écrit lors de la dernière nuit de l'écriture)


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  • J’aime la nuit avec passion.

    C’est beau, c’est doux, c’est langoureux. Une nuit d’été, douce comme la toison d’un mouton. Petit cocon silencieux.

    Silencieux ? Pas tant que ça si l’on écoute bien…

    Un hérisson qui passe, une chouette qui hulule sous la lune décroissante.

    Le rai de lumière inonde celui qui a habitué ses yeux. Les détails se révèlent et deviennent un monde nouveau, inconnu et connu à la fois.

    Une ombre s’approche, inquiétante, puis, finalement familière…

    Un bruissement de feuille s’invite, c’est le fantôme des arbres

    L’oreille est attentive. Plus qu’à l’accoutumée. Aux aguets. Réceptive au-delà de ses capacités diurnes.

    Les sens se déploient, se réveillent.

    Ils sont nocturnes.

    La nuit les hypnotise et le jour les endort.

    On croit les maîtriser mais leur réveil est intense et nous dépasse.

    Et nous, nous dormons.

    Il s’en passe des choses, la nuit…

    L’imaginaire approvisionne le chariot des sens. Les alimente, pour qu’ils deviennent actifs.

    On croit aux fantômes la nuit mais les fantômes sont en fait nos sens qui s’échappent pour aller casser la gueule aux dangers potentiels qui voudraient s’approcher de notre corps endormi.

    Sentinelles actives, combattantes, déployées, aux aguets.

    Et nous, Pauvres Dormeurs… Dans quelle quiétude naïve sommes-nous ?

    Il ne se passe rien la nuit dites-vous ?

    La fraîcheur se dépose. On frissonne. Et les sens nous recouvrent de leur enveloppe protectrice. Nos poils se soulèvent, au garde à vous contre les sorcières de la nuit.

    Car pour nos sens, le jour est fatigant et ennuyeux.

     

    C. M. (écrit lors de la dernière nuit de l'écriture)


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  •  

    Il est léger comme quelques plumes et se déplace sans un bruit, mais ses arpèges matinales me surprennent chaque jour, parfois même, son cri strident déchire la nuit. Celui-ci ne me plait pas car on lui attribue du malheur à venir.

    C'est celui du matin que je préfère, immuable au fil des saisons et des années, imperturbable dans ses habitudes. Surtout ne pas couper la branche de l'arbre (même s'il est mort), où pourrait-il se poser ?

    De la gaieté dans la voix, des prouesses dans les variations, une certaine moquerie dans le ton des vocalises "ohé, êtres humains, encore un jour pour vous, il suffit de chanter, prenez modèle, je suis là pour l'éternité !"

    Et celui du soir tombant, l’œdicnème il s'appelle. Il attend que le calme soit installé pour lancer son appel près du lit de la rivière, et que les peupliers m'en trans mettent l'écho.

    Demain sera pareil et pourtant si différent.

    S. C.

    Texte écrit lors de l'atelier "Empreintes", à partir des peintures de Edith Gagnebien 

    Il est léger

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  • Est-ce qu'un jour...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Est-ce qu’un jour chez vous sera chez moi ?

    Est-ce que je retrouverai chez vous des odeurs de chez moi ?

    Est-ce que je ne serai plus d’un autre bout de terre?

    Est-ce que je bannirai à tout jamais le mot misère ?

     

    J’entends encore le bruit des armes

    L’exode a laissé des traces dans mon âme

     

    Si mon sourire est aujourd’hui absent

    Si mes lèvres ne disent plus le Kurdistan

    Si hier s’efface

    Si aujourd’hui prend sa place

    Chez vous un jour je volerai plus haut

    Chez vous en toutes saisons demain il fera beau

    R. B.

    Texte écrit lors de l'atelier "Empreintes", à partir des peintures de Edith Gagnebien

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