• Atelier "Ecrire avec Desnos" le 12 septembre

    animée par Lise Lundi.

    Enregistrement des textes écrits lors de la dernière consigne, avec les voix de Béatrice, Céline, Isabelle, Annick, Michèle, Edith, Chantal, Roselyne, Chantal, Elisabeth.


    votre commentaire
  • Se sentir vivant

     

     

     

     

     

     

    Se sentir vivant, respirer, marcher, ouvrir la fenêtre "grande", écouter chanter les oiseaux, écouter la vie et chanter la cafetière. . . .

    Se sentir vivant, se maquiller, choisir pull et lunettes roses, éteindre la radio aux nouvelles noires.

    Se sentir vivant aux parfums du jardin, cueillir les roses, faire un bouquet pour toi, pour vous, pour moi !

    Se sentir vivant, fermer la porte, chausser ses baskets, courir dans le parc à la conquête des canards de !'étang, échanger avec le passant, goûter la pluie, le vent : se sentir vivant . . .

    Aimer. écouter, rencontrer, voir, entendre, écrire : toi, moi,

    nous, envers et contre temps nos mots et maux en bouquets, nos maux allégés parce qu'écoutés. . .

    Nous vivants. : oiseaux de passage du temps qui passe.

     

     

    Michèle S.(11/06/2020)


    votre commentaire
  • J'ai rêvé d'un pays

     

     

     

     

     

     

    J’ai rêvé d’un pays …
    Où tous les gens, noirs, jaunes ou blancs, verraient la vie en rose.
    Où une vie heureuse ne serait plus une affaire d’argent.
    Où les yeux des enfants n’auraient plus peur en tendant la main.
    Où la vie ne serait plus un combat ou une guerre, mais une belle farandole.
    Où les cloches des églises embelliraient les moments les plus difficiles.
    Où le merci d’un affamé serait la plus belle des récompenses.
    Où la pluie qui tombe deviendrait une fontaine de vie intarissable.
    Où les larmes de bonheur seraient comme le plus beau des sourires…

    Jacques R. (Mai 2020)


    votre commentaire
  • Il suffit de presque rien

     

     

     

     

     

     

    Il suffit de presque rien.

     

    De la brise matinale qui souffle sa douceur sur nos silences

    du nuage blanc quand il joue avec la lumière et emporte les idées noires

     

    d’une rose sous la pluie

    de la marche de pierre usée par tant de pas

    et l’écho d’un poème quand le livre  se ferme

    de la fraîcheur d’un « je t’aime » à vif malgré le temps

     

    il suffit de presque rien

     

    de l’arbre qu’on enlace pour y sentir la vie

    du vaste théâtre des choses qui n’ont pas d’interdits

     

    de l’empreinte d’une phrase

    du bleu de l’enveloppe qui emporte les mots

    de l’air d’une chanson

     

    il suffit de presque rien.

     

    Lise L. (Mai 2020)


    votre commentaire
  • Ceux et celles qui ...

     

     

     

     

     

     

     

    Celui qui me regarde en-dessous parce que je tousse.

    Ceux qui ont dit que le virus était une "gripette " et qui ont dit l'inverse deux semaines après, oubliant que les autres 'eux, avaient de la mémoire.

    Celle qui m'a dit au début du confinement qu'il ne fallait pas sortir et qui, au bout d'un mois et demi dit que cet enfermement est inutile.

    Ceux qui savent mieux que tout le monde, qui parlent, qui parlent encore et encore comme s'ils étaient spécialistes en épidémiologie.

    Ceux qui cherchent  un responsable : l'asiatique, les vieux, les jeunes qui enfreignent un peu la loi... et qui dénoncent le voisin comme au bon vieux temps de la seconde guerre mondiale.

    Celle qui veut respecter les directives et reste seule jusqu'à ce qu'elle craque, ne parvenant pas à être face à elle-même et à chasser ses vieux souvenirs. Elle sort vite, va courir dans les rues, dépasse le kilomètre et l'heure autorisés. Son souffle redevient régulier, la boule dans son ventre s'envole. Et puis, elle revient dans son appartement, se promettant de ne pas recommencer jusqu'à la prochaine fois.

    Celle qui a peur, qui reste enfermée toute la journée  ne sortant même pas le nez dehors, tellement l'extérieur  et l'autre lui semblent dangereux et dont le chagrin est insondable.

    Celui qui a dit souvent:"j'aimerais tant avoir du temps pour moi" et qui, face à cette situation obligée est déboussolé et se retrouve avachi pendant des heures face à la télévision.

    Celle qui téléphone une partie de la journée pour entendre la voix de l'autre, pour sentir du lien, une relation même si c'est une illusion.

    Celle qui s'active, qui fait du ménage, de la lessive, des gâteaux, nettoie les vitres, range, trie et qui, une fois toutes ces tâches accomplies, s'ennuie.

    Celui qui s'accorde une parenthèse de bonheur, bravant les gendarmes, pour apercevoir ses petits-enfants quelques minutes à leurs fenêtres de chambres.

    Il y a aussi tous ceux qui ont su prendre le meilleur du confinement pour lire, écrire, peindre, réfléchir, jardiner, des philosophes dans l'âme ou des amis de la solitude. Il y a ceux qui écoutent les oiseaux chanter, regardent les fleurs et l'herbe pousser sans hâte, sans contraintes juste pour le plaisir d'être en vie.

    Et moi, je vis avec  la douloureuse  amertume de ne pas revoir ma mère atteinte de ce satané virus.

     

    Claudine B. (Mai 2020)


    votre commentaire
  • "Nous n'appartenons à personne..."

     

     

     

     

    "Nous n'appartenons à personne sinon au point d'or de cette lampe, inconnue de nous, inaccessible à nous, qui tient éveillés le courage et le silence" (1)

    Là où tu te trouves, deux fois enfermée, par la maladie et le confinement, entends-tu ce souffle dans la langue du poète ?

    La fragile lumière de ton regard éclaire-t-elle encore les jeunes femmes qui ouvrent ta porte ?

    Le silence qui t'entoure réveille-t-il des secrets enfouis ?

    Les hirondelles sont de retour. Elles ont retrouvé leurs nids sous le porche. Cette nuit, j'ai rêvé de toi, avant, quand nous admirions ensemble le vol des oiseaux de passage.

    Nous reverrons-nous jamais ? Attends-nous, nous poserons nos mains sur la tienne, nous te ferons des baisers sur le front, nous te sentirons, te toucherons. Il faut attendre la fin de ce virus; ne pars sans que nous t'ayons offert nos rêves et nos larmes.

    En ton absence, à contre-silence, nous cherchons ton visage, la douceur de tes yeux. Et nous ré-enchantons ton souvenir, en ouvrant le tiroir des vieilles photos sépia comme un trésor vieilli par le temps et la tristesse.

    (1)Première phrase empruntée à René Char

    Claudine B. (avril 2020)


    votre commentaire
  •  

     

     

     

     

     

     ALERTE, mes amis, nous voilà bloqués dans ce printemps plus ensoleillé que jamais. Il n’a pas manqué de courage pour fleurir en temps et heure,  envers et contre tout, tandis que nous, pauvres humains, si démunis, privés de liberté, engagés dans une lutte qui nous dépasse, ramenés à notre fragile condition humaine, nous le saluons avec gratitude.

                Oui, mes amis, comment ne pas se sentir humbles face à ce minuscule grain de sable invisible à l’œil nu, ce microbe qui pousse au jardin des cauchemars. Nous rêvons d’une essence magique ou d’un kérosène mortifère  pour évacuer de nos vies ce virus de la couronne (que faites-vous, laboratoires de mes deux ...). Garder le moral est un exercice délicat dans cette pétaudière.

                On a beau s’extasier devant la nature, tapoter sans fin sur nos ordinateurs, difficile de ne pas céder à la peur. Les quarantaines se succèdent,  et pourtant  nous sommes reconnaissants à nos services de santé de nous protéger, de chercher sans fin le remède miracle. Mais en fin de compte, nous sommes bien seuls, face au ciel  insolemment bleu.

                Enfin, il nous reste la tendresse, ce cocon qui nous protège des pièges incompréhensibles de l’univers. Mes amis, restons vivants, les jours et les week-end passent et passeront. Méditons, apprenons le chinois, le japonais, le boura-boura ou le xinxiang, pratiquons le yoga. A défaut, jouons du yoyo, ça ne fatigue pas trop les méninges, et nous finirons par avoir des muscles d’athlète.

                 Nous finirons bien par sortir de la zone interdite qu’est devenue la terre entière... La chaleur de l’été renouvellera bientôt l’air de notre planète, n’en doutons pas.

                N’oublions pas que « après le printemps, vient l’été ». (ça ressemble à des prés verts, pardon à du Prévert).

     

    Régine, 4 avril 2020.


    votre commentaire
  •  L’appel du printemps

     

     

     

     

     

     

    Je me suis endormi, lentement, au creux de l’hiver et me suis laissé porter par des rêves insensés, mais que j’aurais voulu réels.                                                                               

    Des rêves d’un printemps qui balaierait tout ce qui n’est pas blanc.
    Un printemps où les oiseaux ignoreraient l’orage, où le blé ne craindrait plus le mauvais temps et mûrirait en paix.
    Un printemps où les paysans cultiveraient sans contrainte et en chantant, des hectares de bonheur, sans penser à l’hiver que les hommes sèment un peu partout.
    Un printemps où les dernières rafales des vents du Nord chasseraient les mauvais penchants des hommes, donneraient des couleurs aux chagrins des enfants malades, aux parents qui se déchirent.
    Un printemps où la nature et le ciel bleu redonneraient le sourire à ceux dont la vie n’est qu’un hiver sans fin.
    Un printemps où une sève nourricière ferait pousser des idées de renaissance, notre soif de bonheur et nos espoirs nouveaux.
    Un printemps où chacun réussirait à franchir avec joie le pas salutaire, comme le hérisson la route dangereuse.
    Un printemps où le rossignol nous prouverait que la vie est belle à chanter, quelle que soit la partition.
    Un printemps à mettre sur la toile de nos jours, mais sans se prendre pour un Monet ou un Gauguin…

    Insensé mon rêve ? Un peu sans doute…
    Mais si mes chagrins ont repris quelques belles couleurs, ne pas tout garder pour moi…
    Tendre mes pinceaux à ceux qui cherchent, peignent et chantent la vraie couleur d’un vrai printemps.

     

    Jacques R. ( 27/03/2018)


    votre commentaire
  •  

     

     

     

     

     

     

     

    Quand le matin s'éveille

    La lune quitte la fenêtre.

     

    Ouvrir la porte du jour

    Chercher ce qui adviendra.

     

    Il y aura peut-être quelque chose

    Mais quoi ?

     

    Gabriel A. (mars 2020)


    votre commentaire
  • Vivre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dans ses poèmes d’amour, Paul Éluard écrit :

    « Ce printemps est un printemps qui a raison ».

    Voilà un homme qui savait parler aux femmes.

    Être amoureux au printemps, c’est beau et ça inspire les poètes.. Mais il y a le temps et la vie qui va…La vie qui défait les liens qui s’enrubannaient de promesses.

    Éphémère comme le vent, les sourires se dérobent et les anneaux glissent des doigts. Pourtant « il fait bleu ».

    On cherche encore la couleur des mots, on s’emmêle dans les mystères de l’autre .

    On a brodé sur l’étoffe du temps des promesses de soleil…On a attisé les jours de passion pour renaître à chaque aube neuve.

    On a souvent gaspillé le présent.

    Amarrés à nos hivers on s’invente encore des Avril. On cherche l’éclaircie dans un regard, un geste de tendresse.

    Le coucou a chanté.

    La pluie a creusé des ornières. Des voix discordantes ont brisé les saisons.

    Tant de mots sans mémoire !

    Tant de nuages sur la clarté des matins…Pourtant, sous la fête des primevères on veut encore y croire.

    Printemps ! Théâtre d’espérances et de doutes.

    On voudrait revenir en arrière. Effacer les bleus de l’âme. Recommencer comme on dit « Vivre »

     

    Lise L (Mars 2018)


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique